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Le sous-traitant sarthois Femilux s’étoffe avec l’atelier de confection Les Mouettes Vertes à Laval
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Le sous-traitant sarthois Femilux s’étoffe avec l’atelier de confection Les Mouettes Vertes à Laval

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Celle nouvelle acquisition de l’entreprise sarthoise lui permet d’augmenter ses effectifs sans avoir à passer par des temps de formation. Jusqu’ici connu pour ses vêtements et accessoires à base de textile écoresponsable, l’atelier Les Mouettes Vertes (20 salariés) va désormais se focaliser sur le prêt-à-porter commandé par des grandes marques du luxe.

Repris début juillet par Femilux, l’Atelier des Mouettes Vertes recrute une douzaine de couturières expérimentées ou prêtes à se former — Photo : Rémi Hagel

Femilux maille son implantation locale. Pas encore installé dans son usine flambant neuve partagée avec Brûlon Maroquinerie en Sarthe, le sous-traitant de marques de luxe vient de mettre la main sur un atelier de confection à Laval : Les Mouettes Vertes. Cette entreprise était spécialisée dans les vêtements et accessoires à base de textile écoresponsable. Du moins encore récemment.

Fibres biologiques, inflation et luxe

Créée en 2005 en Bretagne, Les Mouettes Vertes était la première entreprise à proposer des tote bags en coton recyclé en France ; la première encore à obtenir la certification Gots qui garantit la responsabilité écologique et sociale sur l’ensemble de la chaîne de fabrication. Elle affichait depuis la traçabilité et l’impact environnemental de ses produits. D’abord réalisée en Inde, la production avait été en partie rapatriée en 2019 au nom du "made in France". En Mayenne, le covid avait cependant freiné les ambitions.

"Nous avons dû redescendre à vingt salariées. Avec la conjoncture, les textiles écoresponsables ne correspondent pas à la demande des clients"

L’an dernier, l’entreprise avait lancé une campagne de recrutement pour attirer une vingtaine de nouvelles couturières, et passer à cinquante salariés. Ce qui devait permettre de répondre à un marché ouvert en 2022 : la sous-traitance pour l’industrie du luxe. "C’est aujourd’hui notre unique activité, indique Alexandra Gille, la directrice de l’atelier lavallois. Nous avons dû redescendre à vingt salariées. Avec la conjoncture, les textiles écoresponsables ne correspondent pas à la demande des clients."

Douze postes créés rapidement

L’engagement écoresponsable de l’atelier Les Mouettes Vertes s’est donc dissipé, et le nom va disparaître. Ils laissent place au réseau Femilux et à sa préoccupation première : répondre aux exigences de ses commanditaires, des grandes marques du luxe. Les compétences sur les tissus biologiques et recyclés, et sur la couture, vont rester. Chez Femilux, on se rappelle avoir "déjà travaillé pour certaines marques avec cet atelier". "Il y a un savoir-faire et des machines que nous n’avions pas", précise le service communication de l’entreprise.

Avec cette reprise, finalisée tout début juillet et dans un temps court, Femilux se dote à la fois d’un outil opérationnel mais aussi de salariés déjà en poste. Important pour cette entreprise, actuellement en phase de recrutement. À Laval, Femilux (CA non communiqué ; 450 salariés actuellement) engage par ailleurs un programme de formation de 399 heures. "Que ce soit dans la maroquinerie [premier métier de l’entreprise, NDLR] ou dans la confection, nous arrivons à fidéliser dans le temps 83 % des personnes formées", précise l’employeur sarthois. Une réunion est ainsi prévue avec France Travail fin juillet à Laval pour informer sur le processus de recrutement et de formation qui vient d’être lancé. Ce sont douze emplois qui vont être créés et proposés dans l’atelier récemment repris.

Un vivier favorable pour embaucher

L’entreprise s’implante aussi dans un bassin d’emplois propice pour trouver des compétences dans le textile. "Dans une agglomération, les candidats viennent plus facilement, commente l’employeur. Dans l’atelier du Mans ouvert en 2023, le recrutement avait abouti en une session au lieu de deux prévues. L’atelier est aujourd’hui complet avec une vingtaine de salariées. Nous avions déjà fait le constat en créant un atelier en 2022 en Vendée, à Dompierre-sur-Yon juste à côté de La Roche-sur-Yon, où nous avons cinquante salariés", ajoute la communication de l’entreprise.

À l’inverse au siège de Brûlon maroquinerie (détenu par le même propriétaire que Femilux) situé en milieu rural, l’employeur se heurte davantage aux problèmes de mobilité des candidats et salariés. Même si, pour embaucher les 400 personnes prévues pour les deux entreprises dans la nouvelle usine en cours d’emménagement, "le processus s’est révélé plus rapide qu’on ne pensait".

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