Le Sayec : Un nouveau couvoir vient d'éclore
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Le Sayec : Un nouveau couvoir vient d'éclore

À Caudan, Le Sayec modernise un de ses trois couvoirs. Cet investissement va améliorer les conditions de travail de ses salariés. Et permettra d'affiner encore des marges bien maîtrisées qui en font un outil très rentable au service des volaillers.

Un peu moins de 300.000euros d'investissement. Le spécialiste des oeufs à couver et des dindonneaux d'un jour Le Sayec à Caudan vient de moderniser l'un de ses trois couvoirs. Des machines obsolètes datant d'une trentaine d'années ont été remplacées par des modèles plus petits mais aussi plus ergonomiques. «Ces machines généreront moins de manutention et donc moins de fatigue pour le personnel», souligne Gilles Le Sayec, dirigeant de cette entreprise héritée de ses parents, qui l'avaient créée en 1958. «Le fait de désormais charger les oeufs avec des chariots au lieu de casiers doit également permettre de limiter la casse.» Avec l'aval de la Mutualité sociale agricole et l'aide de la CCI, Le Couvoir Le Sayec a pu bénéficier d'une subvention de 30.000euros du conseil général pour ce projet.




200.000 oeufs à l'export

«Nous sommes une maternité», résume Gilles Le Sayec dont l'entreprise produit 400.000 à 450.000 oeufs de dinde à couver par semaine. 200.000 sont exportés en Europe (Pologne, Espagne, Autriche) et au Maghreb. 250.000 sont transformés en jeunes dindonneaux, soit 200.000 poussins en tenant compte du taux de transformation. Les volatiles sont ensuite engraissés dans les bâtiments d'élevage de clients tels que la Cecab ou Triskalia (chez Ronsard à Bignan en particulier). Le sexage, c'est-à-dire le tri entre dindonneaux mâles et femelles est stratégique car le mâle, qui sera d'ailleurs abattu plus vieux, a un potentiel de croissance plus important et pèse entre 14 et 20kg. «À la différence du poulet, la dinde est un produit destiné à la découpe», rappelle Gilles Le Sayec.




Privés et intégrés

Le Couvoir Le Sayec se fournit en reproducteurs auprès de sélectionneurs mondiaux tels que le canadien Hybrid ou le britannique Aviagen. Ces animaux sont ensuite installés au sein d'un réseau d'une vingtaine de fermes de pré-élevage puis dans une trentaine de fermes de ponte. Les éleveurs sont indépendants. Le Sayec a aussi recours aux services de sociétés d'insémination car l'accouplement ?naturel? entre mâles et femelles est proscrit. «Comme dans toutes les activités de reproduction de volailles», explique Gilles Le Sayec. «Sinon, nous n'aurions des oeufs qu'entre avril et septembre.Il est déjà difficile d'avoir une visibilité sur notre marché à huit mois, soit la période nécessaire pour obteni

r un oeuf, depuis l'achat du reproducteur jusqu'à la ponte.» Sur son métier, Le Sayec affronte la concurrence de sept accouveurs français, dont trois sont intégrés chez des volaillers comme Doux ou Boyé (Vendée). «Le métier n'est pas facile, la dernière création de couvoir remonte à une vingtaine d'années», explique Gilles Le Sayec, 58 ans, qui devra à terme choisir entre la vente et la transmission hors famille, faute de troisième génération pour prendre la relève. «Il faut beaucoup investir dans la reproduction, avec des schémas qui ont mis 20 à 30 ans à se créer. Nous devons faire face à des problèmes d'environnement, de surface d'épandage, avec beaucoup de contraintes réglementaires. Difficile de faire un 100 mètres avec un sac de 50kg sur le dos. La France est la reine des restrictions, or l'analyse et le suivi des reproducteurs ont un coût. Certains pays comme l'Allemagne sont moins tatillons en la matière. Alors qu'au final, il ne faut pas oublier que si nous livrons un mauvais produit, un dindonneau avec une maladie respiratoire comme le mycoplasme par exemple, nous devons rembourser deux à trois fois le prix livré au client.»




Baisse du prix des céréales

Avec 17,2millions d'euros de chiffre d'affaires en prévision en 2010, Le Sayec a su tirer profit de la baisse du prix des céréales en 2009. Il ne la répercute pas toujours sur ses prix, et continue d'améliorer ses résultats techniques. «Nous sommes proches de 3 à 4% de taux d'éclosion», commente Gilles Le Sayec. «Or une progression de 1% se traduit par 100.000 dindonneaux et environ 100.000euros de gains supplémentaires.»

Couvoir Le sayec
(Caudan)
Président: Gilles Le Sayec. Chiffre d'affaires 2009: 17,14millions d'euros. Effectif: 53 personnes. Tél.: 02 97 80 50 30.

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