«Le risque est de sous-estimer les besoins au démarrage»
# Conjoncture

«Le risque est de sous-estimer les besoins au démarrage»

Prendre garde à ne pas sous-financer son projet, c'est l'un des conseils formulés par le réseau France Active, structure d'accompagnement présente sur l'ensemble du territoire.

Anticiper ses besoins de financement est souvent un casse-tête pour les créateurs, surtout pour ceux qui sont en situation de difficulté et cherchent à tout prix à se lancer à moindre coût, parfois effrayés par le contact avec le banquier. «Il faut prendre garde à ne pas sous-financer son projet. Le risque est de mal calibrer ses besoins au démarrage», prévient Bertille Carlier, chargée de mission MCAE Isère Active, membre du réseau France Active.




Une entreprise ne se crée pas avec un euro...

Investissements matériels, locaux, charges sociales au départ et à plus longue échéance, besoin en fonds de roulement et en trésorerie, mais aussi communication, etc. Une entreprise ne se crée pas avec un euro, contrairement à une formule qui a fait florès il y a quelques années. Présente partout dans l'Hexagone, France Active intervient justement auprès des créateurs pour les aider à structurer leur projet sous l'angle financier et à préparer leur rencontre avec les banques. «Selon les régions, nous intervenons sur des projets allant de 10.000 à 100.000 €. Les profils sont très divers. Globalement, la plupart des projets portent au départ sur la création d'un seul emploi, celui du créateur mais dans les services aux personnes, par exemple, on peut monter à dix ou quinze», explique Bertille Carlier. Elle souligne que dans 80% des cas, les porteurs de projet qui frappent à sa porte sont en situation difficile (chômage, sans emploi, discrimination), voire en précarité, bénéficiaires du RSA, ou disposant de moins de 1.000€ d'apport personnel. «En revanche, nous ne recevons pas les porteurs de projets qui n'en sont qu'au stade de l'idée. Il faut que leur projet soit déjà structuré. Nous intervenons en expertise sur le volet financier, y compris en jouant l'intermédiation avec les banques», souligne Bertille Carlier.




Label

Après validation en commission, les dossiers peuvent faire l'objet d'une garantie d'emprunt à faible coût et/ou de prêts à taux zéro pour permettre de boucler l'apport exigé des bailleurs de fonds et permettre d'accéder à des crédits bancaires dans de bonnes conditions, c'est-à-dire à des taux d'intérêt raisonnables et en limitant les cautions personnelles. France Active joue par rapport aux banques un double rôle: elle aide le créateur ou repreneur à accéder au crédit mais son accompagnement a aussi valeur de garantie morale auprès des établissements: «les banques ont le réflexe de venir vers nous car elles savent qu'un projet accompagné par France Active est sérieux. Nous sommes à leurs yeux une sorte de label. On sécurise les deux parties: c'est gagnant-gagnant.» La mission de France Active ne se limite pas à l'accompagnement financier. «Nous suivons le créateur pendant le temps du prêt à taux zéro, soit trois ans en général. Et nous essayons aussi de créer du réseau, de créer une communauté.» En savoir plus: www.franceactive.org

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