Jusqu’à présent, une entreprise désireuse de faire le plein d’un véhicule de sa flotte dans une station BioGNV en Maine-et-Loire devait passer contrat avec chaque station du réseau appartenant à des acteurs publics différents : la SAS Anjou BioGNV (filiale d’Alter Énergies), BVér (Baugeois Vallée énergie renouvelable) et la SAS Mauges bioGNV, qui regroupe des collectivités, des méthaniseurs et des transporteurs locaux. Ces trois entités ont mis en place un contrat d’abonnement commun pour faciliter l’approvisionnement en carburant dans leurs stations respectives à Saint-Léger-de-Linières, Lasse et La Pommeraye. Une démarche qui vise aussi à encourager les entreprises à tendre vers une flotte alternative de véhicules. Acteur du transport et de la gestion des déchets le groupe Brangeon (278 M€, 1 600 collaborateurs), basé à La Pommeraye, est le premier signataire de ce contrat.
Un seul contrat pour s’approvisionner
Carburant vert, le bioGNV (gaz naturel pour véhicules) est issu de la méthanisation réalisée dans des unités dédiées réparties sur le territoire. "Si nous voulons aller vers la transition et des véhicules plus propres, il faut que pour les entreprises, s’approvisionner en biocarburant soir aussi simple que de le faire avec de l’essence, confie Philippe Chalopin, président de BVér, la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) qui a porté le projet de station bioGNV de Lasse, dans le nord-est du département. Ce contrat d’interopérabilité leur permet de faire le plein de leurs véhicules en bioGNV dans n’importe quelle station du département."
Si le prix du biocarburant distribué reste fixé par chaque propriétaire, le partenariat mis en place, simplifiant l’abonnement, permet aux utilisateurs de faire le plein plus facilement selon leurs déplacements. À Lasse, la station bioGNV inaugurée il y a trois ans a distribué environ 240 tonnes de carburant par an. "Nous souhaitons atteindre annuellement 400 tonnes, indique Philippe Chalopin, c’est le point d’équilibre que nous nous sommes fixé."
Mailler le territoire départemental
Si les trois stations sont propriétés d’entités différentes, elles sont toutes exploitées par la SEM Alter Énergies, outil dédié à la transition énergétique en Maine-et-Loire qui regroupe les EPCI du département (Établissements publics de coopération intercommunale) ainsi que la Caisse des dépôts et consignations et plusieurs banques (Caisse d’Épargne, Crédit Agricole, Banque Populaire, Crédit Mutuel). Alter Énergies envisage le déploiement de trois autres stations bioGNV en Maine-et-Loire, dans les secteurs de Cholet, Verrières-en-Anjou et Segré. "Notre ambition est de développer un réseau de stations bioGNV qui permette un maillage cohérent du territoire départemental, indique Marie-Jo Hamard, présidente d’Alter Énergies. Nous sommes convaincus que c’est avec un service de proximité que les transporteurs pourront s’engager sereinement dans la transition énergétique."
Expérimentation
Le groupe de La Pommeraye Brangeon, spécialisé dans le transport, la logistique et la gestion des déchets, est donc le premier à signer ce contrat d’interopérabilité. Depuis plusieurs années, il a fait le choix de décarboner sa flotte d’environ 550 unités : il dispose, outre une part de ses véhicules à moteur thermique, de camions électriques, hybrides, roulant au GNL (gaz naturel liquéfié), au colza ou au biogaz. "Chaque année en moyenne, 40 % des véhicules que nous achetons ne sont pas thermiques, explique David Bazanté, responsable énergies de Transports Brangeon. Nous expérimentons beaucoup et nous avons donc fait le choix de diversifier les énergies utilisées." Début 2018, le groupe Brangeon, avec d’autres partenaires, avait déjà été à l’initiative de l’ouverture de la première station de GNL (gaz naturel liquéfié) du département.