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Le producteur d'huiles Olvea investit dans un centre de R&D pour transformer ses process
Seine-Maritime # Industrie # Investissement

Le producteur d'huiles Olvea investit dans un centre de R&D pour transformer ses process

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Le producteur d’huiles pour la cosmétique et la nutrition Olvea a créé une nouvelle filiale pour lancer la construction d’un centre de R&D à côté de son usine, implantée à Fécamp, en Seine-Maritime. Un investissement qui doit permettre à l’entreprise normande de trouver de nouvelles technologies pour booster ses capacités de production.

"Olvea Innovation doit servir à développer de nouveaux produits avec un axe applicatif, car le centre ne sera pas tourné vers la recherche fondamentale", explique Arnauld Daudruy, président du groupe Olvea — Photo : Olvea/Laurent Critot

Olvea, le producteur fécampois d’huiles pour la cosmétique et la nutrition (363 salariés) vient de se doter d'une nouvelle filiale, Olvea Innovation. Le futur centre de R & D, en construction sur la zone d’activités des Falaises à Fécamp où est implantée la principale usine de production d’huiles du groupe, doit permettre de trouver des solutions pour optimiser les process industriels du groupe familial normand.

Mieux valoriser les sous-produits

Un investissement de 3 millions d’euros dont l’un des objectifs est de permettre une meilleure valorisation des sous-produits issus de la trituration (opération consistant à extraire l’huile des graines et fruits) et du raffinage. Parmi ces sous-produits, des tourteaux, résidus solides obtenus après extraction de l'huile des graines ou des fruits oléagineux (avocat, noix de macadamia, karité). Ils sont aujourd'hui utilisés comme énergie pour la méthanisation, dans les chaudières, pour intégrer l'alimentation animale ou encore l'extraction de principes actifs. "On souhaite les valoriser de manière plus noble. Par exemple, on va travailler à ce que des tourteaux puissent demain être utilisés pour l'alimentation humaine et la cosmétique", explique Arnauld Daudruy, le président d'Olvea. L'enjeu est double pour le dirigeant normand : "Notre objectif en progressant sur nos process, c'est de tirer le meilleur parti financier et RSE de nos activités."

Une approche qui a déjà permis de progresser avec l'activité d'extraction d'huile d'avocats au Kenya explique Arnauld Daudruy : "Jusqu'ici la fraction déshuilée partait à l'épandage et donc avait une faible valorisation. Depuis quelques mois, nous arrivons à transformer ces résidus en briquettes énergétiques, ce qui permet de diminuer notre empreinte environnementale."

Une montée en gamme

La création d'Olvea Innovation doit aussi servir à développer de nouveaux produits : "Avec un axe applicatif, car le centre ne sera pas tourné vers la recherche fondamentale. L'objectif, c'est une montée en gamme de la fonctionnalité de nos huiles pour les domaines de la cosmétique, de la nutrition et de l'alimentation humaine", précise le dirigeant. Avec l'ambition de basculer du statut de producteur de matières premières à producteur d'ingrédients de spécialités. La démarche s'adresse aux principaux clients de l'ETI dans la cosmétique (L'Oréal, Yves Rocher, Clarins) et la nutrition (Saint Hubert). L'entreprise fécampoise développe ainsi une huile de spécialité d'avocat depuis son installation au Kenya en 2024 : "Ce développement nous permet de devenir un acteur très significatif de ce segment", se félicité Arnauld Daudruy.

11 usines, 3 marchés

Un tiers du chiffre d'affaires d'Olvea est réalisé dans le domaine de la cosmétique, un autre tiers dans celui de la nutrition humaine, et le dernier tiers dans la nutrition animale. "Nous avons une ambition forte pour Olvea, d'ici 2029 l'année du centenaire de l'entreprise. Notre objectif affiché est de réaliser une augmentation de 50 % de notre chiffre d'affaires pour atteindre 300 millions d'euros", annonce le président du directoire d'Olvea. L'entreprise a réalisé 200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024 dont 85 % à l'export.

Une démarche rendue possible grâce aux 11 sites industriels d'Olvea. Cinq d'entre eux sont situés en Seine-Maritime à Fécamp (unités de raffinage et stockage d'huiles). Les autres sont implantés à l'étranger. Olvea produit ainsi du beurre de karité au Burkina Faso, de l'huile d'avocat et de macadamia au Kenya ou encore des huiles de poissons en Mauritanie et au Maroc.

Disposant jusqu'ici d'un laboratoire interne pour l'analyse des huiles, Olvea se donne pour objectif l’optimisation de ses process industriels avec sa filiale Olvea Innovation qui se positionne comme un outil au service du soutien des business industriels du groupe Olvea. "Avec Olvea Innovation, l’idée c’est de mettre la recherche applicative au service du business. On peut espérer rapidement un effet levier sur les affaires de l’entreprise", estime Olivier Guillon, ingénieur chimiste chez Olvea.

Réhabilitation d’une friche industrielle

La création de la nouvelle filiale s'inscrit dans une logique RSE. Récompensée pour la troisième année consécutive en 2024 par la médaille platinum d’Ecovadis, l’organisme indépendant de notation de la durabilité des entreprises, Olvea a choisi "d’avoir le moins d’impact possible sur la biodiversité", selon Arnauld Daudruy, en réhabilitant une ancienne friche industrielle située en face de son site de production principal pour installer son centre de R&D. "Cela nous coûterait moins cher d’acheter un champ et de le bétonner, et notre outil industriel serait mieux adapté à notre activité. Mais, c’est notre ADN de fonctionner de cette manière vertueuse, c’est un choix et on l’assume", assure le président du directoire d’Olvea.

Un nouvel entrepôt de 5 000 mètres carrés

Le futur centre de R & D, implanté dans un bâtiment de 6 000 m² dont 1 000 m² dédiés à l’innovation, sera composé d’un laboratoire de R & D et d’analyses, de bureaux, ainsi que d’une halle pilote destinée à tester des modèles à petite échelle. "La halle nous permettra de reproduire des réactions physiques et chimiques avant de passer à l’étape de la production industrielle", explique Arnauld Daudruy.

Dans le même temps, Olvea a entrepris sur le reste du site, la construction d’une zone d’entreposage et de conditionnement d’huiles de 5 000 m² pour un montant d’investissement de 4 millions d’euros.

Recrutements en cours

Pour faire fonctionner son nouveau centre de R & D, dont la mise en service est prévue pour le début septembre, en même temps que celle du nouveau site d’entreposage et de conditionnement, la direction d’Olvea a entamé le recrutement de près d’une dizaine de nouveaux salariés, dont trois docteurs en biochimie, mais aussi des ingénieurs et techniciens. "Nous avons la chance d’avoir un vivier technologique important en Normandie, capable de répondre à nos demandes", assure Arnauld Daudruy.

Alors qu’un plan d’investissement total de près de 19 millions d’euros est engagé pour la période 2025-2026, dont les 7 millions d’euros destinés au nouveau centre de R & D et centre de stockage, Olvea vient de mettre en service, sur son site des Hautes Falaises, un parc de 17 cuves de chacune 250 m3 pour un total de 4 250 m3 de stockage.

Installées pour le stockage des huiles végétales de spécialités, les nouvelles cuves représentent un investissement de 2,5 millions d’euros.

Seine-Maritime # Industrie # Investissement # RSE # Innovation # Créations d'emplois