Haute-Marne
Le producteur de champignons Champ’Ionne se relance grâce à l’appui de l’écosystème local
Haute-Marne # Agroalimentaire # Investissement

Le producteur de champignons Champ’Ionne se relance grâce à l’appui de l’écosystème local

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Après avoir engagé plus de 11 millions d’euros d’investissement pour son lancement, Champ’Ionne a connu un ralentissement, notamment dû à des difficultés de formation. Désormais prêt à relancer son développement, le haut-marnais est épaulé par plusieurs acteurs du territoire réunis en Société d’économie mixte pour atteindre les 3 300 tonnes de champignons produits par an.

Champ’ionne compte 95 salariés, pour un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros — Photo : Julia Guinamard

Champ’Ionne poursuivra sa production de champignons épaulé par une Société d’Économie Mixte (SEM). Créée par l’agglomération du Grand Saint-Dizier, le GIP Haute-Marne et la CCI Meuse Haute-Marne, la structure a racheté le foncier et les bâtiments de la filiale haut-marnaise du groupe francilien Meyer, l’un des derniers distributeurs du marché de Rungis. Un crédit-bail sur quinze ans permettra ensuite à Champ’Ionne (95 salariés ; CA : 6 M€) de redevenir propriétaire de son outil de production.

Relancer une phase de développement

"Nous remontons en puissance", lance Michel Legros, président du groupe Meyer (CA : 60 M€). Lancée à la production début 2024, Champ’Ionne est installée à Chevillon, en Haute-Marne. La PME devrait produire 1 500 tonnes de champignons de Paris par an en 2025 et 150 tonnes de pleurotes, contre 900 tonnes de champignons de Paris en 2024. L’entreprise est pour cela équipée de 18 cellules de production. Pour démarrer son activité, le groupe Meyer a engagé un premier financement de 8,5 millions d’euros, suivi d’un second de trois millions d’euros. Ces sommes ont été apportées en partie en fonds propre par le groupe Meyer, soutenu par le groupement d’intérêt public de Bure-Saudron, la CCI Meuse Haute-Marne et le Fonds européen de développement régional.

Un objectif à 3 000 tonnes

Champ’Ionne prévoit de passer au niveau supérieur. L’entreprise anticipe de passer en 2027 à une production de 3 000 tonnes de champignons de Paris, auxquelles s’ajouteront 300 tonnes de pleurotes par an. Pour réaliser cet objectif, l’entreprise prévoit d’ajouter neuf cellules de production supplémentaires, pour atteindre les 27 au total, avec un chiffre d’affaires prévisionnel de près de 12 millions d’euros.

En 2026, la culture des pleurotes, qui est actuellement réalisée en intérieur, sera déplacée à l’extérieur, dans 8 tunnels de production. Puis, début 2027, Champ’Ionne se dotera en intérieur de 9 chambres de production supplémentaires, pour les champignons de Paris. La construction de ces cellules devrait s’étaler sur près de six mois. "Le site a été conçu à l’origine pour accueillir 27 chambres, donc 35 à 40 % des frais nécessaires à leur installation sont déjà en place", explique Michel Legros. Les systèmes de régulation de température, d’humidité et de CO2 sont en effet déjà installés pour l’ensemble des 27 cellules.

Champ’Ionne est une filiale du groupe Meyer — Photo : Julia Guinamard

2,7 millions d’euros dégagés par la SEM

Le rachat du foncier de Champ’Ionne par la SEM a permis de dégager 2,7 millions d’euros. "Nous n’avions plus les moyens d’aller vers notre développement, nous avions un besoin important de financement. […] Mais la SEM n’est pas une subvention. Nous payons un loyer : la structure a pour objectif d’être rentable", rappelle Michel Legros.

"Début 2024, le démarrage a été une page blanche. Nous n’étions que des commerçants et la production reste un métier à part entière"

Une somme qui permet à Champ’Ionne de relancer sa croissance. La PME était en effet arrivée au bout des investissements engagés par le groupe Meyer. "Début 2024, le démarrage a été une page blanche. Nous n’étions que des commerçants et la production reste un métier à part entière. Nous n’avions ni la compétence, ni le personnel formé. Nous avons rencontré des problèmes récurrents qui nous ont empêchés d’atteindre nos objectifs. Cela a engagé des pertes relativement importantes, que notre groupe a supportées en 2024", indique Michel Legros.

Un fonctionnement qui se structure

En 2024, Champ’Ionne ne produit alors que près de 50 % de sa capacité de production, qui s’élève à 1 900 tonnes de champignons. "Il nous a fallu pratiquement 18 mois pour nous former, notamment au travers de consultants", continue le dirigeant.

En 2025, Champ’Ionne a ainsi dépassé son seuil de rentabilité. "Nous avons d’abord privilégié un ralentissement, pour mieux former nos équipes : nous avons rétropédalé pour gagner en efficacité", indique le dirigeant. En 2024, les cueilleurs de l’entreprise récoltaient en moyenne de 15 à 16 kg de champignons par heure. Un an plus tard, les collaborateurs de Champ’Ionne en cueillent entre 22 et 25 kg.

Près de 35 recrutements prévus

Dès 2026, l’entreprise prévoit le recrutement de 10 nouveaux collaborateurs. Puis, à partir de 2027, Champ’Ionne devrait employer près de 135 salariés au total. "Le Département de la Haute-Marne et le pôle d’attractivité de la ville de Saint-Dizier nous aident pour nos recherches d’emploi : il s’agit d’une arme très efficace", témoigne Sébastien Maltot, le directeur général de Champ’Ionne. "L’engagement des acteurs de la Haute-Marne vis-à-vis de Champ’Ionne a été remarquable : nous sommes ravis d’avoir implanté l’entreprise ici", complète Michel Legros.

Un marché qui devrait porter la croissance de Champ’Ionne

"La consommation française de champignons de Paris est d’environ 90 000 à 100 000 tonnes par an. Près de 40 % de cette production est française : le pays compte sept unités de production. Or, la consommation française de champignons de Paris progresse de 5 % par an. Nos champignonnières ne couvriront qu’une petite part du marché", observe Michel Legros. Les produits de Champ’Ionne sont aujourd’hui commercialisés par la grande distribution, pour leurs marques distributeurs. "Elles ont une forte volonté de mettre sur le marché une production française", commente le dirigeant.

Haute-Marne # Agroalimentaire # Investissement # Made in France # PME