Le pôle EMC2 réaffirme sa vocation industrielle
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Le pôle EMC2 réaffirme sa vocation industrielle

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Dans un contexte de réaffirmation de la souveraineté industrielle de la France, mais aussi de réduction importante des subventions publiques, le Pôle de compétitivité EMC2, basé à Nantes, réaffirme sa vocation industrielle et se rapproche du pôle de compétitivité mécanique CIMES en Auvergne-Rhône-Alpes.

Laurent Manach, directeur général du pôle de compétitivité EMC2 — Photo : © Vincent JACQUES Photographe - Vincent JACQUES

Le pôle de compétitivité EMC2, installé à Bouguenais, près de Nantes, fête ses 20 ans cette année. Fidèle à sa vocation initiale de favoriser la compétitivité industrielle via l’innovation collaborative, il fait néanmoins évoluer son approche en accompagnant les entreprises dans la transformation globale de leur modèle (transitions environnementale, numérique…). Pour plus d’efficacité, le pôle nantais se rapproche de l’autre pôle de compétitivité français dédié à l’industrie : CIMES, son homologue en région Auvergne-Rhône-Alpes, spécialisé dans la mécanique. La démarche, inspirée des pôles mer Bretagne et Méditerranée, doit se matérialiser par une feuille de route partagée, une offre de services homogène et une commission Europe commune.

Un pôle de compétitivité "industriel"

Parallèlement, EMC2 se transforme en pôle de compétitivité "industriel". Présent sur quatre secteurs industriels prioritaires, aéronautique, naval, défense et énergie, EMC2 réaffirme ainsi son caractère transverse qui le différencie des pôles organisés par filière. "Ce changement d’intitulé souligne notre spécificité industrielle à un moment où l’industrie bénéficie d’une vraie considération aux niveaux national et européen. Il traduit également notre volonté d’accompagner plus loin les entreprises dans la prise de décision en cette période de fortes incertitudes", explique Laurent Manach, directeur général du pôle EMC2. EMC2 va ainsi continuer à soutenir la compétitivité des industriels par l’innovation et poursuivre sa mission de "dérisquage" des projets en les labellisant pour faciliter leur accès aux financements. "Dans le cadre du programme ECODEF qui accompagne les industries de la Défense, nous avons élaboré un référentiel qui permet aux PME d’estimer les investissements nécessaires pour être au niveau et de rassurer leurs clients sur leur maturité", expose le dirigeant. En mobilisant les compétences complémentaires de l’IRT Jules Vernes, du pôle CIMES, etc., le pôle EMC2 entend également accélérer les processus de décision, de transformation et d’investissement des entreprises. "La situation actuelle est paradoxale. Les carnets des commandes de grands donneurs d’ordre, comme Airbus, Chantiers de l’Atlantique ou encore Naval Group, sont pleins. On nous parle de souveraineté industrielle, notamment dans le secteur de la Défense. Mais l’absence de décisions crée de l’attentisme ", analyse Laurent Manach.

Gel de 50 % du budget d’EMC2

Autre difficulté pour le pôle : mener à bien ses missions dans un contexte de forte réduction de ses ressources. 50 % de son budget (2,2 M€), financé à 55 % par le privé, ont été gelés par l’État. Pour se financer EMC2 devra donc accroître la part des programmes (AMI Industrie du futur…). Un appel à projets européen est notamment attendu sur la souveraineté industrielle. Depuis sa création, le pôle, qui emploie 16 salariés, a accompagné 2 500 projets, dont 900 ont été financés pour un montant de 2,2 milliards d’euros investis. "60 % des projets que nous labellisons sont financés. Je peux admettre que l’on réduise nos subventions. Mais nous avons besoin de financements pour accompagner les entreprises", pointe Laurent Manach.

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