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Le plan de CroissancePlus pour accélérer la croissance de l’économie française
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Le plan de CroissancePlus pour accélérer la croissance de l’économie française

Maîtrise de la dépense publique, simplification des procédures, construction d’une Europe forte et unie… L’association des chefs d’entreprise de croissance CroissancePlus présente son plan d’actions "100 jours pour la croissance".

Audrey Louail, présidente de Croissance Plus, dénonce "l'épée de Damoclès d'augmentation des charges patronales qui pèse sur la tête des entreprises" — Photo : ALEX BONNEMAISOM

"Je n’ai jamais autant entendu de personnes parmi nos adhérents nous disant envisager de quitter le pays que depuis quelques mois", avertit Audrey Louail, présidente de CroissancePlus. Même si pour l’heure, l’association, qui regroupe 500 entreprises de croissance, n’a pas encore vu de véritable passage à l’acte. Mais à l’image du PDG de LVMH Bernard Arnault qui a dénoncé le projet de surtaxe du "made in France" et menacé de délocaliser aux États-Unis, les entreprises françaises pourraient être tentées de faire de même.

La tentation d’aller voir ailleurs

Entre "des mesures de baisse d’impôt très fortes annoncées par Trump" outre-Atlantique et "la surenchère de taxation pour les grandes entreprises" qui sévit dans l’Hexagone, leur cœur balance. Audrey Louail cite notamment "l’épée de Damoclès d’augmentation des charges patronales qui pèse sur la tête des entreprises" et "le matraquage fiscal prévisionnel" dont elles sont la cible avec la CVAE additionnelle, l’augmentation de la flat tax, le retour de l’ISF… Le secrétaire général de CroissancePlus Laurent Vronski craint qu'"au vu du concours Lépine de la fiscalité, la politique de l’offre mise en place depuis sept ans ne soit qu’une parenthèse dans l’histoire et incite les entrepreneurs à aller ailleurs". En particulier aux États-Unis.

L’économie française en panne

La tentation est d’autant plus grande quand on connaît les difficultés actuelles rencontrées par les PME et les ETI tricolores. Le PIB français était en repli de 0,1 % au dernier trimestre et s’annonce "une période de récession", assure Audrey Louail. Pour les 500 PME et ETI adhérentes de CroissancePlus, le carnet de commandes" est au plus bas depuis six mois" et les chiffres d’affaires dégradés à 40 %.

Construire une Europe plus compétitive

Pour encourager le retour à la croissance, l’association plaide pour "la construction d’une Europe plus forte sur la scène internationale". Elle se félicite à ce titre du plan Omnibus présenté par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui plaide dorénavant pour la compétitivité et prévoit plusieurs mesures en ce sens dont la volonté de simplifier la directive CSRD. Qualifiant l’environnement européen "d’assez punitif et assez contraignant", agissant " comme un tue-l'amour pour des entreprises qui sont en plus aujourd’hui fortement sollicitées", Laurent Vronski invite à "construire un espace économique qui réagit de concert par rapport aux menaces économiques extérieures". Parmi les projets clés, la refonte du droit des marchés publics et la réforme du marché de l’électricité. Pour le secrétaire général, "c’est une question de survie". "Il est urgent de réfléchir à un marché européen de l’énergie pour que l’on puisse offrir à nos entreprises une énergie bon marché". De même qu'"il y a un besoin de simplification et d’accès à la commande publique".

Le manque de courage des politiques

À l’échelle nationale, CroissancePlus fustige "le manque de courage" des politiques français. L’association exhorte le gouvernement à maîtriser la dépense publique et soumet plusieurs propositions en ce sens permettant de réaliser 50 milliards d’euros d’économie : harmoniser le temps de travail entre fonction publique et secteur privé, renforcer la lutte contre la fraude aux cotisations et aux prestations sociales, rationaliser l’action économique de l’État et des collectivités locales. Autres mesures mises en avant : remettre sur les rails la réforme de l’assurance chômage et la proposition de l’ancien premier ministre Attal pour réduire les charges supportées et valoriser toujours davantage le travail ou encore "supprimer les niches fiscales inefficaces, à commencer par l’abattement de 10 % sur les retraites".

Réindustrialisation et souveraineté nationale

Autre ritournelle, la simplification. L’association plaide pour reprendre et finaliser l’examen du texte qui permettrait un gain substantiel de "60 milliards d’euros" comme l’a chiffré le Sénat dans son rapport "Sobriété normative pour renforcer la compétitivité des entreprises". Elle met également en avant une poignée de mesures "de bon sens" telles que l’amélioration des dispositifs d’échange entre l’Urssaf et les entreprises, la mise en place d’un guichet unique ou encore la création de "deux guichets simplifiés pour les projets d’investissements reconnus d’intérêt local ou national majeur". À l’image des projets de reconstruction de Notre-Dame ou de Mayotte, Audrey Louail défend la mise en place d’un "régime dérogatoire exceptionnel permettant d’aller plus vite" permettant à la fois de raccourcir les délais et de simplifier les démarches sur des "sujets stratégiques pour le pays", à savoir la réindustrialisation et son autonomie stratégique.

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