Spécialisée dans les médicaments radiopharmaceutiques pour l’imagerie médicale, Naogen Pharma connaît une croissance soutenue. Basée à Saint-Herblain, près de Nantes, l’entreprise conçoit, fabrique et exploite un médicament innovant utilisé lors d’examens TEP (tomographie par émission de positons). Ce produit permet de détecter l’ischémie du myocarde, une pathologie qui se traduit par un manque d’apport en sang oxygéné au cœur, généralement dû à un rétrécissement ou à un blocage des artères coronaires.
Lancé fin 2024, ce médicament est déjà utilisé au centre hospitalier d’Orléans, premier établissement en France à l’avoir intégré à sa pratique courante. Naogen Pharma prévoit désormais d’équiper six hôpitaux d’ici fin 2025, puis une vingtaine supplémentaire en 2026, soit environ 35 sites à cette échéance. Depuis le lancement de la commercialisation, la trajectoire est exponentielle : le chiffre d’affaires devrait atteindre 1,6 million d’euros fin 2025, avant de grimper à 70 millions d’euros d’ici cinq ans. Deux recrutements sont d’ailleurs en cours pour accompagner cette croissance.
Fabricant et exploitant de son propre médicament
"Nous sommes le fabricant mais également l’exploitant de notre propre médicament", précise Valérie Fonveille, directrice et pharmacienne responsable de Naogen Pharma qui compte aujourd’hui 15 salariés.
L’innovation repose aussi sur un partenariat industriel avec le spécialiste nantais de la radioprotection Lemer Pax (Carquefou), qui fournit l’injecteur nécessaire à l’administration du médicament au patient avant le passage au scanner. Cette collaboration locale a permis de sécuriser toute la chaîne, de la production à l’usage hospitalier.
À la recherche de partenaires mondiaux
L’entreprise prévoit d’être référencée d’ici 2026 sur la plateforme UniHA, qui centralise les marchés publics hospitaliers, lui ouvrant ainsi l’accès à l’ensemble des hôpitaux français. Mais son horizon dépasse déjà les frontières. "L’international fait clairement partie de nos objectifs, avec l’Europe en ligne de mire, avant de s’étendre au-delà", souligne Valérie Fonveille.
Sylvain Fanier, président de Naogen Pharma, confirme : "Nous avons une vision mondiale, mais il est impossible de se développer seul à l’international. Nous recherchons donc des partenaires mondiaux, ce qui constituerait un véritable bouton accélérateur."
En cinq ans, la société a déjà levé 10 millions d’euros, et aucune nouvelle levée de fonds n’est prévue à court terme.