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Le nantais Lacroix se retire de l’électronique en Amérique du Nord pour se recentrer sur ses marchés porteurs
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Le nantais Lacroix se retire de l’électronique en Amérique du Nord pour se recentrer sur ses marchés porteurs

Lacroix va se retirer du marché nord-américain pour se recentrer sur ses activités les plus solides : l’électronique en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, ainsi que l’environnement. Une décision stratégique pour ce groupe nantais, "pas facile à prendre" dixit son PDG, Vincent Bedouin. Plus de 1200 emplois sont concernés.

Vincent Bedouin, président directeur général de Lacroix, vient de décider de se séparer de sa filiale en Amérique du Nord — Photo : Matthieu Joubert

Le groupe industriel nantais Lacroix engage un tournant stratégique majeur. Il vient d’annoncer prévoir de "quitter d’ici fin 2025 ses activités électroniques en Amérique du Nord". Ce désengagement, annoncé comme une priorité lors de la présentation des résultats annuels en mars dernier, vise à stopper les pertes de sa filiale américaine, Lacroix Electronics MI LLC. Celle-ci, implantée à Grand Rapids (Michigan) et à Juarez (Mexique), a généré 141 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, en recul de 15 %, pour un Ebitda négatif de 13,5 millions d’euros. Fin 2024, les structures comptaient 1 251 salariés répartis sur deux sites.

Vente, arrêt d’activité ou liquidation

En cause : la perte de contrats clés et un contexte géopolitique incertain, notamment autour de potentielles taxes américaines à l’importation. "Cette décision de se retirer n’a pas été facile à prendre ", confie Vincent Bedouin, président-directeur général de Lacroix. "Je sais que je peux compter sur les équipes locales et le management pour organiser cette sortie avec tout le professionnalisme nécessaire, en lien étroit avec nos clients et fournisseurs." Des discussions seront donc menées avec les clients et fournisseurs afin de "définir les meilleures conditions pour les mois à venir". À l’issue de ses discussions, "toutes les options seront envisagées : vente, arrêt d’activité ou liquidation".

Le groupe, dont le siège est basé à Saint-Herblain, près de Nantes, entend ainsi se recentrer sur ses deux activités les plus solides : l’électronique en zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) et l’environnement. Ce repositionnement stratégique vise à consolider les bases du groupe et à réduire son exposition au secteur automobile, passé de 44 % à moins d’un tiers du chiffre d’affaires. "Je suis profondément convaincu que c’est la meilleure décision pour continuer à renforcer les fondations de Lacroix autour de ses activités et marchés les plus porteurs, et construire ensemble un avenir durable et porteur de sens", ajoute Vincent Bedouin.

Ralentissement du marché automobile

Présent dans 12 pays, Lacroix a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires consolidé de 635,6 millions d’euros, en baisse de 13,4 % sur un an, et emploie environ 4 700 collaborateurs à travers le monde. Cette baisse s’explique principalement par la contre-performance de l’activité Électronique, notamment en Amérique du Nord, mais aussi par le ralentissement du marché automobile.

À l’inverse, l’activité Environnement poursuit sa dynamique de croissance avec un chiffre d’affaires en hausse de 14,5 % au premier trimestre 2025. Les segments Eau, Smart Grids, HVAC (chauffage, ventilation, climatisation) et la cybersécurisation des infrastructures énergétiques et hydrauliques, portés par des besoins structurels (digitalisation, transition énergétique, régulations), ont largement contribué à cette performance.

La nouvelle feuille de route stratégique du groupe à horizon 2027 sera présentée le 30 septembre 2025.

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