"Nous sommes d’habitude discrets. C’est une première pour nous d’accueillir la presse". La sortie d’Olivier Gendry, directeur général de Rehlko Power Control & Distribution, ne doit rien au hasard. Le groupe, qui fabrique des tableaux électriques dans son usine et son siège à Cholet, et dans une seconde usine près de Lyon, est en plein boom : il a vu son chiffre d’affaires passé de 40 à 83 millions d’euros entre 2020 et 2025.
"Cette croissance est liée à l’électrification des usages. Nous visons 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028", ajoute le directeur général. Pour encaisser cette demande, Rehlko, qui compte 270 salariés (240 à Cholet et 30 à Lyon), a donc besoin de faire parler de lui pour recruter. Il ambitionne une centaine d’embauches dans les trois années à venir, pour la partie commerce comme pour l’ingénierie, le tout dans un bassin choletais où le marché de l’emploi est tendu.
Une capacité de production qui augmente de 40 %
Ce plan de recrutement s’accompagne d’un investissement de 6 millions d’euros pour une extension de 5 000 m² au sein de l’usine choletaise, portant le total à 17 000 m². "Environ 4 400 m² seront dédiés aux espaces de production. Les 600 m² restants seront consacrés au bien-être des salariés avec des espaces de détente, un réfectoire agrandi ou encore un potager partagé", pointe Élise Lambert, DRH et responsable du projet d’extension.
Cet investissement comprend également une amélioration du bâtiment actuel. "Au total, nous allons pouvoir augmenter nos capacités de production de 40 %", pointe Olivier Gendry. Un chiffre qui permet à l’entreprise, qui n’a maintenant plus de réserve foncière, d’encaisser la demande du marché.
Un fonds américain aux manettes
Rehlko, anciennement Soreel, a été fondée en 1980. En 45 ans d’existence, l’entreprise a connu de nombreux changements, puisqu’elle a été rachetée dès 1985 par la famille Meunier, puis en 2005 par le groupe international Kohler, avant de déménager à la périphérie de Cholet en 2009. Le dernier chamboulement est intervenu en 2024, lorsque Kohler a cédé sa branche énergie, renommée Rehlko, au fonds américain Platinum. "Rehlko représente aujourd’hui 8 000 personnes dans le monde, avec un siège social à Milwaukee (États-Unis). Nous sommes ici spécialisés dans les tableaux électriques basse tension", ajoute Olivier Gendry, qui revendique le titre de plus grosse usine de fabrication de tableaux électriques en France.
Des secteurs en forte croissance
Si Rehlko anticipe aujourd’hui une telle hausse de la demande, c’est que, au-delà de l’électrification des usages, elle travaille pour des secteurs critiques (les hôpitaux, les secteurs du nucléaire et des éoliennes, du traitement des eaux, le ferroviaire…) qui sont en croissance constante. "Ces sites ne peuvent en aucun cas se passer d’équipements de distribution d’électricité", pointe Olivier Gendry.
Rehlko mise également sur un autre secteur, cette fois-ci en hypercroissance : celui des data centers. "C’est un domaine qui gagne 10 % par an. Nous devons capter les parts de marché de ces data centers en France, mais aussi dans le reste de l’Europe", ajoute Olivier Gendry. Nul doute que l’internationalisation ne sera pas un obstacle majeur pour Rehlko, dont plus de 50 % des activités sont déjà destinées à des ouvrages hors de l’Hexagone, avec des équipements envoyés à Santiago (Chili), ou encore à Dubaï. Le plus dur consistera plutôt à attirer les bons profils dans un bassin d’emplois tendu.