Il aura fallu deux rapports à Newton Offices (60 salariés, 60 000 m² de bureaux exploités) pour valider sa qualité d’entreprise à mission. Une spécificité introduite par la loi Pacte de 2019, qui consiste à inscrire une raison d’être dans les statuts d’une société, fixer des objectifs sociaux, environnementaux et sociétaux et démontrer l’impact de cette démarche. Des étapes franchies progressivement par l’opérateur de bureaux flexibles né à Marseille en 2017 et désormais présent dans huit métropoles françaises, dont Aix-en-Provence et Sophia Antipolis.
Définir un cap
"On s’est développé assez fort, surtout à partir de 2018 avec un fonds d’investissement, retrace Guillaume Pellegrin, fondateur de Newton Offices (Groupe Tivoli Capital, associé au fonds américain KKR). On a acheté une dizaine d’immeubles à développer et on a voulu se structurer. J’ai eu besoin de déterminer à quoi on sert, de définir notre raison d’être pour éclairer notre démarche."
Une raison d’être claire
Quelques mois après, cette raison d’être était précisée : "Accompagner le développement économique dans les villes et les territoires". Les statuts de l’entreprise ont été modifiés en 2022 pour l’intégrer et le comité de mission indépendant, chargé d’accompagner cette démarche, a été créé en 2024. Il se réunit au moins une fois par an, "pour vérifier la cohérence de nos actions, que les audits viennent valider", détaille Guillaume Pellegrin.
Trois piliers structurants
Le premier a été réalisé en 2024, le second à la fin de cet été, ouvrant la voie à la validation officielle par un organisme tiers indépendant (OTI) qui permet à Newton Offices de rejoindre le cercle des 1 500 entreprises françaises à mission. Pour la remplir, l’opérateur a décidé de s’appuyer sur "trois piliers structurants, qui font partie intégrante de notre stratégie", dixit son dirigeant : favoriser les implantations d’entreprises en région, se connecter avec les écosystèmes locaux (architectes, commerçants, artisans, associations…) et favoriser la transition écologique.
Des actions diverses
Dans les faits, cela se traduit par exemple par la promotion des succès entrepreneuriaux "au-delà du périph parisien". Par l’accueil d’écuries de médecine dans les bureaux en soirée, l’hébergement d’une personne sans-abri ou l’octroi d’une journée de mécénat de compétences à chaque salarié. Cela passe enfin par des sites desservis par les transports en commun, des places de parking réservées au covoiturage, du mobilier de seconde main, des biodéchets, mégots et capsules de café collectés pour être valorisés ou une appli permettant aux occupants des différents bureaux de gagner des points en prenant la trottinette, le vélo, le métro, ou en marchant. Des petits défis ludiques et collectifs auxquels Guillaume Pellegrin croit beaucoup "pour faire évoluer les mentalités".
Des résultats probants
Premier bilan : -13 % d'émissions de gaz à effet de serre en 2 ans, -14 % d'intensité carbone moyenne des bâtiments par rapport à 2021, 54 % de clients venant en mobilité décarbonée contre 50 % visés. Et une autre labellisation, américaine cette fois : B Corp. Obtenue dès l’an dernier, elle valide le respect de normes sociales et environnementales élevées ainsi que des impacts sociétaux, dans une démarche de progrès. Ce qui fait dire à Guillaume Pellegrin : "Notre raison d’être a défini un cap et la certification B Corp a confirmé qu’on était sur le bon chemin."