Numeum, le syndicat français des entreprises du numérique, "alerte sur un ralentissement brutal de l’activité dans le secteur". Ce dernier prévoit en effet "une croissance limitée du marché à 1,8 % en 2025, contre +4,1 % fin 2024". Pour cette année, il anticipe "pour la première fois" des baisses de marché pour les entreprises de services du numérique ou ESN (-2,1 %) et les experts du conseil en technologies (-2,5 %). Les éditeurs et plateformes cloud restant seuls en croissance (+ 8,2 %) dans le secteur.
Baisse des effectifs de la filière en 2024
Sur chacun de ces trois marchés, la croissance avait déjà ralenti l’an dernier. En outre, après une progression continue de l’emploi dans le numérique pendant 15 ans, le secteur a enregistré un recul des effectifs en 2024, " effaçant les créations nettes d’emplois intervenues en 2023 ". Ainsi, le niveau d’emploi est revenu à celui de 2022, "soit environ 666 000 postes ".
Stratégies de maîtrise voire de réduction des coûts
Quels facteurs expliquent cette baisse d’activité ? "Les secteurs de nos clients, comme l’industrie manufacturière, la banque et le commerce, connaissent une baisse ou une stagnation, réduisant la demande en services numériques", répond notamment un communiqué de Numeum.
"À l’heure où nous devons accélérer notre numérisation, notre dernière enquête montre que les acteurs économiques sont plus soucieux de maîtriser voire de réduire leurs coûts à court terme plutôt que d’engager des stratégies d’investissement pour le futur", ajoute Véronique Torner, présidente de Numeum.
Pour la représentante du syndicat du numérique, il s’avère aujourd’hui " urgent d’inverser la tendance car la France risque de décrocher sérieusement de la compétition internationale". En qualifiant au passage le numérique "d’oracle de notre compétitivité".
Numeum rapporte qu’en France, "le numérique ne représente que 5,5 % du PIB, contre 10 % aux États-Unis, et le pays se classe au 22e rang européen en matière d’utilisation du numérique dans les entreprises". Avant d’ajouter : "dans un contexte d’instabilité politique et d’incertitudes budgétaires, il est impératif de soutenir l’investissement dans la transition numérique".