Le groupe vendéen Briand investit 20 millions d’euros près d’Angers
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Le groupe vendéen Briand investit 20 millions d’euros près d’Angers

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Aux portes d’Angers, Briand Bois a inauguré ce vendredi 16 mai son nouveau bâtiment industriel. Un investissement de 20 millions d’euros pour rationaliser la production des charpentes bois en lamellé-collé et développer celui des façades ossature bois.

Le groupe vendéen Briand a inauguré le nouveau bâtiment de son usine de Verrières-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire — Photo : Hadrien Brunner

Après deux ans de travaux sur son site, Briand Bois a inauguré son bâtiment de Verrières-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire. Un pas en avant dans l’innovation pour la filiale de construction bois du groupe vendéen Briand (3 000 salariés, 500 M€ de CA). Aux Herbiers, siège social du groupe, l’entreprise est spécialisée dans la construction métallique.

Augmentation de la surface de production

Le projet d’extension du site angevin était dans les cartons depuis 2019 alors que les locaux étaient "vieillissants", selon David Crasnier, le directeur du site. "Notre bâtiment est prêt au moment où l’entreprise a besoin de réactivité dans une conjoncture difficile : les projets ont du mal à sortir, les prix sont tendus et le prix du bois augmente". L’investissement permet d’augmenter la surface de production, avec 11 000 m² de bâtiment rénové et 5 000 m² d'extension, et le passage d’un à quatre centres d’usinage.

Du bois sec pour améliorer le process

"Nous avons désormais une capacité de stockage dans un bâtiment chauffé", indique le directeur de l’usine angevine. Pour comprendre cet enjeu, il faut revenir au cœur de métier de Briand Bois : le spécialiste de la charpente lamellée achète du bois (épicéa et douglas), qui doit être sec afin d’être coupé, abouté et assemblé en poutres. Or, "les scieries françaises ne sèchent pas le bois", relate le dirigeant. Ce nouveau bâtiment permet donc d’améliorer le processus en conservant le bois à l’abri. Il pourrait également permettre à l’avenir d’acheter plus de bois français (10 % aujourd’hui). Le bâtiment, chauffé à une température de 20 degrés toute l’année, a été isolé afin d’éviter la surconsommation.

Des panneaux photovoltaïques ont aussi été installés sur une partie de la toiture : l’énergie produite est utilisée en autoconsommation et la chaudière biomasse alimentée avec les copeaux de bois de l’usine, produit l’air chaud nécessaire aux phases de collage et d’aboutage. L’usine a aussi développé une production de pellets pour éviter la perte de 30 % de matière, utilisés au sein du groupe dans l’usine de peinture thermolaquée des Herbiers, ou vendus en vrac sur le territoire.

Façades ossatures bois : l’avenir de la rénovation énergétique

L’inauguration marque aussi une nouvelle étape dans l’activité de construction de façades à ossature bois. Le groupe en produit 10 000 m² par an depuis 8 ans. Il compte accroître cette production. Utilisées sur de nouveaux bâtiments, elles sont aussi de plus en plus commandées dans les marchés publics en rénovation. C’est le cas notamment du lycée les Bourdennières à Nantes, ou d’un ensemble scolaire de Bourg-la-Reine où 5 000 m² de panneaux isolés en paille hachée ont été posés. "C’est un marché dans lequel je crois beaucoup pour augmenter la performance énergétique des bâtiments", encourage David Crasnier qui a présenté lors de la visite aux élus, clients et partenaires les tests dans ce domaine : des "murs manteaux" à ossature bois isolés avec du chanvre, ou en béton de chanvre.

Usine digitalisée

L’innovation passe aussi par les machines : Briand Bois est désormais une usine digitalisée. Un scanner a remplacé l’opérateur qui contrôlait la qualité du bois, et de nouveaux profils "plus numériques" ont intégré l’usine pour conduire les machines de collage.

Photo : Hadrien Brunner

L’ensemble des services a été étoffé, de nouveaux charpentiers sont arrivés, de même que du personnel dans les services achats, logistiques et ingénierie-recherche. Une partie des machines acquises dans le cadre de cette rénovation a été conçue par les ingénieurs-maison.

Conditions de travail améliorées

Le groupe a profité du chantier pour améliorer les conditions de travail des désormais 140 employés du site -contre 100 il y a deux ans, répartis à Verrières-en-Anjou et Vallet (44)- : les locaux sociaux (vestiaires, sanitaires et réfectoires) ont été refaits à neuf et la conception de l’usine permet "d’éviter les pics de chaleur l’été". La pénibilité a été réduite grâce à l’investissement dans de nouveaux ponts de levage, une meilleure aspiration, et l’installation d’un banc de collage automatique. Un potager géré par les salariés a aussi été aménagé à leur demande.

Un chiffre d’affaires qui a doublé

Au total, 20 millions d’euros ont été investis, répartis entre le bâtiment (10 M€) et le processus industriel (10 M€), dont 800 000 euros financés par l’État dans le cadre du plan de relance, 165 000 euros par l’Ademe pour la chaudière biomasse et 200 000 euros par la métropole d’Angers. Briand Bois affiche en 2024 un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros, le double d’il y a cinq ans et lorgne déjà un terrain adjacent de l’usine, pour stocker les futures façades ossatures bois et réindustrialiser encore un peu plus le territoire angevin.

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