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Le groupe Thébault investit 100 millions d’euros pour s’implanter en Haute-Loire
Haute-Loire # BTP # Implantation

Le groupe Thébault investit 100 millions d’euros pour s’implanter en Haute-Loire

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Conquis par le potentiel des forêts auvergnates de sapins pectinés, le groupe industriel Thébault, fabricant de contreplaqué, va construire un 4e site de production en Haute-Loire. Le projet ? Fabriquer à horizon 2025 des panneaux multicouches LVL-Lamibois réalisés avec un procédé nouveau pour le marché en pleine croissance de la construction à ossature bois.

de G à D : Benoît Thebault, Fabien Cenzato (CBD Bois), Jean-Charles Thébault et Antoine Thébault, président du groupe Thébault L’équipe dirigeante du groupe Thébault et le président de CBD Bois, Fabien Cenzato — Photo : DR

Le groupe Thébault, fabricant de bois contreplaqué, annonce l’implantation à Lempdes-sur-Allagnon, au sud-est du Puy-en-Velay, de la première unité française de fabrication de LVL-Lamibois, un procédé innovant de fabrication de panneaux multicouches. Un investissement de 100 millions d’euros, soit l’équivalent du chiffre d’affaires de l’entreprise familiale (380 salariés) basée à Magné dans les Deux-Sèvres.

D’une superficie de 25 000 m², la nouvelle usine sera construite sur un terrain de 15 hectares au sein du Parc d’activités Sud Auvergne, élu notamment pour sa situation au cœur du bassin d’emploi industriel Issoire Brioude et sa proximité d’un carrefour autoroutier. Mais c’est surtout son emplacement "au cœur de la ressource", celle des vastes forêts de sapin pectiné du Massif central, l’essence qui sera utilisée pour la fabrication de ses poutres et panneaux en Lamibois, qui a conquis le groupe industriel.

Un matériau résistant et léger

Essence endémique du Massif Central, le sapin pectiné arbore le pedigree idéal pour l’industrialisation des produits LVL, des panneaux constitués de multicouches ultra-fines assemblées par collage. "Ce bois homogène présente l’intérêt de combiner une grande résistance mécanique et légèreté. Il permet de réaliser des panneaux de très grande taille jusqu’à 25 mètres de long", résume Antoine Thébault, dirigeant de l’entreprise familiale dont il est représentant de la 3e génération. De surcroît, la technologie mise en œuvre offrira un excellent rendement matière puisqu’elle utilise moitié moins de bois que le bois brut pour une poutre de même niveau de résistance. Les produits made in Auvergne porteront les labels de gestion durable PEFC et Bois de France.

Grâce à ces atouts, panneaux et poutres en LVL devraient séduire les marchés en pleine croissance des constructions ossatures bois, souvent "hors site" (c’est-à-dire préfabriquées en atelier et assemblées sur place) et celui des constructions modulaires. D’autant que le plan de décarbonation de la construction lancée dans le cadre de France 2030 fixe l’objectif d’utiliser 30 % de matériau bois en 2030, contre seulement 7 % aujourd’hui.

À ce titre, le projet bénéficie du soutien de l’État dans le cadre de France 2030 via l’Ademe à hauteur de 17 millions d’euros (dont une partie en avance remboursable). Auxquels s’ajoutent 3 millions d’euros versés par la région Auvergne-Rhône-Alpes. À moyen terme, cette dernière pourrait apporter une aide supplémentaire pour la formation et le recrutement des futurs salariés, pour un montant maximal de 2 millions d’euros.

Partenariat avec une entreprise locale

Le groupe Thébault financera également une partie de l’investissement sur fonds propres et par des emprunts. Il va notamment s’appuyer sur un partenariat avec la société de sciage CBD Bois (32 salariés ; 17 M€ de CA en 2022), implantée à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire). Les deux entreprises ont fondé une société commune dont l’industriel deux-sevrien sera actionnaire à hauteur de 75 % minimum. "Implantée de longue date, CBD Bois connaît très bien le massif. Elle est un partenaire idéal pour sécuriser notre approvisionnement. De surcroît, c’est une entreprise familiale qui partage les mêmes valeurs que nous", ajoute le dirigeant deux-sévrien.

Les deux associés ont notamment à cœur de contribuer à la réindustrialisation la France. "Depuis 70 ans, nous privilégions une production locale, notamment avec le pin des landes et le peuplier, qui représentent l’essentiel de nos ventes aujourd’hui. Nous avons connu des moments difficiles à cause de la concurrence de produits importés. Nous aurions pu gagner beaucoup plus d’argent en délocalisant, mais nous avons tenu", confie-t-il.

Aujourd’hui, l’industriel du bois, qui se déclare numéro 1 sur le marché des panneaux de contreplaqué de fabrication française, réalise dans ses 4 sites hexagonaux 50 % de la production nationale de panneaux de contreplaqué en pin maritime, peuplier et okoumé, soit 130 000 m3 sur un total de 260 000 m3.

Diversifier les essences

Sa nouvelle unité de production auvergnate lui permettra de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Un marché de matière première en tension, comme celui du pin maritime, peut rapidement fragiliser l’activité d’un transformateur…"À côté de nos contreplaqués en pin des landes, peuplier et okoumé, nous avons souhaité diversifier notre offre en utilisant une nouvelle essence locale dont les produits adressent un marché à fort potentiel", poursuit-il.

Nul doute que son futur site auvergnat devrait bénéficier de l’abondance de bois de gros calibre du Massif Central, permettant la création de 85 emplois directs majoritairement issus des bassins d’emploi locaux. À plein régime, l’usine assurera une production annuelle de 100 000 m3 de LVL made in France, avec une première phase à 70 000 m3 à compter de sa mise en service fin 2025-début 2026. La première pierre sera posée au 2e trimestre 2024.

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