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Le groupe Raulic propulsé par la vague du bien-être
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Le groupe Raulic propulsé par la vague du bien-être

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Le groupe d’hôtellerie et de thalassothérapie malouin Raulic a passé un nouveau cap dans sa croissance, dépassant les 70 millions d’euros de chiffre d’affaires. La tendance est au bien-être et au lâcher prise, ce qui bénéficie à toutes ses activités. En attendant de voir naître son projet des Nielles à Saint-Malo, Raulic investit dans ses blanchisseries, mais aussi dans l’accueil de ses collaborateurs.

La famille Raulic (de gauche à droite : Serge, Olivier, Charlotte, Antoine Bordron, Ernestine) est à la tête du groupe éponyme depuis 1981. Elle détient notamment le Grand Hôtel des Thermes, ici, à Saint-Malo — Photo : @ Saint Thomas TV

Depuis la crise sanitaire, le bien-être, le lâcher prise, le temps accordé aux loisirs et à la déconnexion, a encore pris plus d’importance dans la vie des Français. Les Thermes Marins de Saint-Malo l’ont d’ailleurs constaté, enregistrant une hausse de leur activité. L’établissement de thalassothérapie appartient au groupe familial Raulic, qui a ainsi franchi en 2022 la barre des 70 millions d’euros de chiffre d’affaires, alors qu’il n’en enregistrait encore que 61 millions en 2019, année de référence avant crise.

"Même si notre chiffre d’affaires a mécaniquement grossi de 2,5 millions d’euros avec le rachat de la Blanchisserie d’Armor à Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d’Armor), nous assistons à une demande croissante en santé préventive, constate Olivier Raulic, directeur général du groupe fondé en 1981 par son père Serge (qui continue de le présider). C’est une tendance apparue il y a une dizaine d’années et qui s’exprime de plus en plus. Nous voyons également que les Français redécouvrent les vacances en France, avec aussi l’idée d’aller moins loin et de consommer moins de CO2 tout en se faisant plaisir !" Les Thermes Marins, et avec eux l’ensemble des établissements du groupe (lire par ailleurs), bénéficient également du dynamisme du tourisme balnéaire et de la "destination Saint-Malo", qui ont le vent en poupe. Le volume de nuitées touristiques en Bretagne a en effet connu une hausse de +6 % sur la pleine saison 2022 (avril-août), selon les chiffres du comité régional du tourisme.

Investissement en attente aux Nielles

Pour poursuivre son développement, le groupe Raulic entend bien s’appuyer sur ces tendances. Aujourd’hui propriétaire de 7 structures d’hébergement (hôtels et résidences de tourisme), de 4 centres de soins Aquatonic, d’un golf, de blanchisseries et d’une ligne de cosmétiques, il a dans ses cartons un projet phare aux Nielles, toujours à Saint-Malo. C’est lui qui doit porter sa croissance dans les années à venir. Un projet à 75 millions d’euros, mais qui, pour cause de nombreux recours (lire également notre enquête en page 44), a pris beaucoup de retard. Les deux hôtels 4 étoiles et 5 étoiles avec thalasso, et la résidence de tourisme prévus au départ pour une ouverture en 2019, avec 150 emplois à la clé, devraient finalement voir le jour en 2027…

En attendant, le groupe poursuit toutefois sa politique d’investissements dans ses activités existantes. Il vient, comme il le fait chaque année en janvier, de rénover une partie de ses chambres du Grand Hôtel des Thermes, avec cette fois un focus porté sur une partie de la toiture, l’entrée de la thalasso et la remise au goût du jour de son bar. "Nous investissons ainsi chaque année entre 6 et 7 millions d’euros", souligne Olivier Raulic.

Un bâtiment logistique à 1,5 million d’euros

Pour 2023, le patron breton ajoute à son panier un ticket d’1,5 million d’euros pour construire son propre bâtiment logistique. Situé à Saint-Jouan-des-Guérets, près d’une de ses blanchisseries (la Blanchisserie de la Côte d’Émeraude), le lieu doit permettre de "décomprimer notre stockage", selon l’expression d’Olivier Raulic. Actuellement, le groupe entrepose ses produits cosmétiques, ses packagings, son linge et autres produits d’accueil dans chaque établissement. Dès avril, ce nouvel entrepôt de 2 000 m² permettra de mieux gérer cette partie logistique et organisation. Le bâtiment sera doté de 200 kWc de panneaux solaires pour réduire également la consommation du site de 30 %.

Face à l’augmentation du prix de l’énergie, ce choix est l’une des solutions adoptées par le groupe hôtelier pour réduire l’impact sur ses coûts. Ceux-ci ont en effet connu une augmentation de +3 à +4 % sur la partie hôtellerie en 2022. "Pour 2023, on sait qu’il y aura un renchérissement, les coûts vont être multipliés par 2,5 voire 3", estime le dirigeant. Pour faire face, il sera obligé de répercuter une partie sur ses prix. "En parallèle, nous travaillons notre sobriété, poursuit-il. Si nous choisissons de réduire notre impact environnemental, ce n’est pas que par obligation ; c’est aussi par conviction : nous vivons près de la mer et savons que la préservation des océans est un vrai sujet".

400 actions de RSE en route

Cet engagement pour l’environnement, le groupe l’a déjà pris depuis 2019. "Nous avons engagé une large démarche sur l’écoresponsabilité, accompagnés par le cabinet nantais Betterfly Tourism, expert en tourisme durable. Après avoir fait le point sur nos pratiques, nous avons défini 400 actions pour faire mieux et en avons déjà réalisé 150", explique Olivier Raulic. Cela va de l’utilisation de plastique biosourcé (végétal) pour tous ses emballages et de bouchons de bois pour ses cosmétiques, à l’emploi de produits d’entretien écolabellisés, en passant par des achats en circuit court tant que possible. Les hôtels du groupe recyclent également tous les restes de savons avec l’organisme à but non lucratif du Haut-Rhin Sapocycle (265 kg ont été recyclés en deux ans).

Le groupe prévoit également d’améliorer la performance de ses outils de travail, notamment dans ses blanchisseries. Des investissements "de plusieurs millions d’euros sur plusieurs années" sont dans les cartons (dont un tunnel de lavage à Saint-Jouan-des-Guérets), pour optimiser et sécuriser leurs process, notamment sur le site de Saint-Cast-le-Guildo qui devrait monter en puissance.

Un hôtel pour les saisonniers

Dans le cadre de sa politique de RSE, le groupe Raulic attache également beaucoup d’importance au volet social et au bien-être de ses collaborateurs. Pour faciliter le quotidien des saisonniers, mais aussi réussir à recruter, il a fait l’acquisition en décembre du petit hôtel Gambetta, à Saint-Malo, pour 900 000 euros. "Il est difficile de se loger en station balnéaire. Nous allons accueillir ici des saisonniers, stagiaires et apprentis", explique Olivier Raulic. Les dix chambres 2 étoiles vont être transformées pour fonctionner davantage comme un foyer d’hébergement. Ce n’est pas le premier essai du groupe en la matière, puisqu’il avait déjà acquis une maison avec 9 chambres près de son golf en 2021, disposant aujourd’hui de 75 lits pour ses collaborateurs.

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