Faire la chasse aux risques : à Longuenée-en-Anjou, dans l’usine du groupe Pilote (469 M€ de CA 2023), dont le siège se trouve à La Limouzinière (Loire-Atlantique), on a pris à bras-le-corps la question des accidents de travail et des risques liés aux TMS, les troubles musculosquelettiques. Un travail de fond, effectué quotidiennement, renforcé de manière plus ponctuelle par des ateliers, mis en place avec le spécialiste des ressources humaines Randstad, qui développe le programme « Prévention en actions » pour la prévention active des TMS. En effet, le site du fabricant de véhicules de loisirs, qui emploie près de 300 collaborateurs, accueille également près de 80 intérimaires.
Des ateliers ludiques
Les ateliers mis en place régulièrement avec Randstad concernent donc en premier lieu les salariés intérimaires. "Ils sont globalement plus exposés aux risques même si un grand nombre d’entre eux est recruté sur des périodes longues pouvant aller jusqu’à 18 mois, témoigne Frédéric Mérignat, responsable régional formation et prévention chez Randstad. L’objectif est de sensibiliser sous forme ludique, avec des mises en situation, pour donner des astuces. En 2024, nous avons travaillé sur les déplacements en sécurité dans l’entreprise. Cette année, les ateliers portent sur les TMS."
Ateliers qui évoquent autant les aspects professionnels que le quotidien, s’élargissant aussi à d’autres problématiques, comme l’alimentation. "Si on développe cette culture de la sécurité, assure Frédéric Mérignat, on l’applique plus facilement dans la vie de tous les jours et dans toutes les circonstances."
"Tous les jours, un sujet sécurité est par exemple abordé dans les équipes lors de la prise de poste"
Dans l’usine angevine du groupe Pilote, la sensibilisation et les actions en faveur de la sécurité sont régulières depuis quelques années : Développement du dialogue, remontée des situations dangereuses rencontrées, campagnes de prévention et animations thématiques adaptées aux métiers de l’entreprise…
Diminution des accidents
"Nous en sentons les effets, témoigne Régis Guérin, animateur sécurité du site de Pilote à Longuenée-en-Anjou. Notre taux de fréquence (nombre d’accidents de travail divisé par le nombre d’heures travaillées multiplié par un million, NDLR.) dépassait 40 et nous sommes maintenant au-dessous de 20. Nous l’avons quasiment divisé par trois et beaucoup d’habitudes sont prises. Tous les jours, un sujet sécurité est par exemple abordé dans les équipes lors de la prise de poste."
Adaptation au contexte
Dans des métiers qui nécessitent de la manutention et l’utilisation d’outils, l’usine du groupe Pilote adapte la sensibilisation et la formation aux situations pouvant être rencontrées sur le lieu de travail. Répétition de gestes, port de charge, risques liés à l’utilisation de machines.
"Il faut environ 5 ans pour que se diffuse une culture de la sécurité en entreprise"
Une campagne sur les potentiels accidents liés aux mains a par exemple été menée, les salariés étant amenés à utiliser des cutters, des machines à bois ou encore des scies. "On retrouve des problématiques identiques dans les secteurs de l’industrie et de la logistique, souligne Frédéric Mérignat. Il faut environ 5 ans pour que se diffuse une culture de la sécurité en entreprise, et que chacun se l’approprie à tous les échelons. On parle alors de maturité de sécurité. Il faut ensuite continuer de l’entretenir avec des actions de prévention."
Échanges de bonnes pratiques avec Scania, Valeo et Giphar
Cette culture de sécurité, l’usine angevine du groupe Pilote la partage également. Un comité sécurité a été lancé avec d’autres entreprises de l’agglomération, telles Scania, Astemo, Valeo, le logisticien Giphar et Intercosmétiques, pour échanger sur les bonnes pratiques en matière de prévention.