Le groupe normand de BTP Lhotellier dévoile son plan pour atteindre le demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires
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Le groupe normand de BTP Lhotellier dévoile son plan pour atteindre le demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires

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Le groupe Lhotellier vient de dévoiler son plan stratégique qui doit l’amener vers les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030, soit 45 % de croissance par rapport à 2025. Pour atteindre cet objectif, le groupe normand de BTP projette 300 créations d’emplois, l’intégration de nouveaux métiers et l’implantation de nouvelles agences.

Jean-Philippe Lemesle, directeur général du groupe de BTP Lhotellier — Photo : JULIENTRAGIN

Malgré un contexte national peu porteur, le groupe de BTP Lhotellier affiche ses ambitions. Le groupe familial de Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime) envisage de porter son chiffre d’affaires de 345 millions d’euros en 2025 à près de 500 millions en 2030. C’est le cap fixé par le plan stratégique "Excellence 2030" qu’il vient de dévoiler. Pour réussir cet objectif de 45 % de croissance en 5 ans, l’entreprise de 1 700 salariés va actionner plusieurs leviers.

Le groupe réalise 58 % de son activité sur le marché des travaux publics, 19 % dans la construction et 15 % dans la fabrication de matériaux — Photo : Lhotellier

Le groupe va ainsi se diversifier dans de nouveaux métiers. Aujourd’hui, il réalise 58 % de son activité sur le marché des travaux publics (construction d’infrastructures et d’aménagements), 19 % dans la construction (bâtiment et génie civil) et 15 % dans la fabrication de matériaux (exploitation de carrière, fabrication d’enrobé et de béton). Il est aussi présent sur le marché de la promotion immobilière ainsi que sur ceux de la déconstruction (dépollution) et des énergies (installation et production photovoltaïque, méthanisation).

Cap sur la rénovation des ouvrages d’art et des bâtiments

Demain, des activités aujourd’hui embryonnaires dans le groupe sont appelées à monter en puissance. C’est le cas de la rénovation, aussi bien d’ouvrages d’art (ponts, infrastructures liées aux travaux routiers) que de bâtiments. "On est un peu présent sur ces marchés. L’enjeu, c’est d’en devenir des spécialistes", explique Jean-Philippe Lemesle, directeur général du groupe Lhotellier. Une division va être créée dans ce sens et des recrutements sont en cours. Le dirigeant normand ambitionne de recruter une centaine de personnes sur ces nouveaux métiers, la moitié pour la réhabilitation d’ouvrages d’art, l’autre moitié pour la rénovation de bâtiments. Au global, l'effectif du groupe devrait s'enrichir de 300 postes d'ici à 2030 pour flirter à cet horizon avec les 2 000 salariés.

Des compétences recherchées en génie végétal

Autre activité qui va prendre de l’ampleur : le génie végétal. "Nos métiers se transforment, avec une place de plus en plus importante à la végétalisation des projets. On doit être en mesure de répondre à cette demande et donc intégrer de nouvelles compétences, pour traiter les questions de la gestion de l’eau, des zones humides, de renforcement des berges et de végétalisation", indique Jean-Philippe Lemesle. Des renforts sont donc attendus pour muscler l’équipe actuelle (3 salariés).

Nouvelles agences attendues

La croissance du groupe passera aussi par le renforcement de son maillage territorial, aujourd’hui constitué d’une cinquantaine de sites. De nouvelles agences devraient ainsi voir le jour en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France, qui constituent le terrain de jeu traditionnel de l’entreprise.

Le groupe lorgne ainsi la Basse-Normandie où il est peu présent. "On a aujourd’hui quelques affaires à Honfleur. On veut peut-être aller plus loin", confie Jean-Philippe Lemesle, qui reste discret sur la localisation des futures implantations.

Le département de la Manche fait partie des pistes envisagées : il va bénéficier des investissements d’Orano et de son projet Aval du futur, chiffré à 40 milliards d’euros, avec à la clé la construction de sites industriels, mais aussi de logements, de routes ou encore d’équipements. "Le Cotentin, c’est un sujet qu’on regarde", ne cache pas le directeur général du groupe normand.

Malgré la conjoncture, la Normandie attire les entreprises du BTP

Malgré "une conjoncture tendue", Jean-Philippe Lemesle reste confiant dans les capacités du groupe à tendre vers le demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires. "Nous sommes dans un territoire avec des projets comme celui d’Orano, mais aussi les EPR2 de Penly et de Gravelines, qui font envie à beaucoup d’entreprises", dit-il. La Normandie attire effectivement les entreprises du BTP en ce moment, avec les implantations récentes de Bouygues Construction à Cherbourg, du groupe mayennais Lucas à Caen ou de Léon Grosse au Havre.

"Il y a des inquiétudes, c’est certain, mais on n’a jamais cédé à la sinistrose. Le groupe existe depuis 107 ans et a toujours su trouver sa voie", indique Jean-Philippe Lemesle. Le nouveau chemin qu’il s’apprête à emprunter doit donc l’amener à poursuivre sa trajectoire de croissance, tout en changeant de capitaine. Président du groupe dont le capital est détenu à 100 % par la famille, Paul Lhotellier se prépare à passer la main à son fils aîné, Mattéo, représentant la 5e génération, d’ici à 2028.

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