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Le groupe Larbaletier s’appuie sur une boucle d’économie circulaire pour créer du mobilier urbain
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Le groupe Larbaletier s’appuie sur une boucle d’économie circulaire pour créer du mobilier urbain

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Concepteur et fabricant de mobiliers pour la grande distribution et les collectivités basé à Fontaine-les-Grès, dans l’Aube, le groupe Larbaletier s’est rapproché de la start-up Replace pour fabriquer du mobilier à base de plastique recyclé et d’aluminium. Un relais de croissance qui pourrait peser jusqu’à 15 % de l’activité de la PME auboise.

Le banc cintré conçu par le groupe Larbaletier mélange aluminium et une matière recyclée développée par la start-up Replace — Photo : Laurent Blevennec

Les collectivités sont assises sur un trésor : leurs déchets. Ce constat, le directeur général du groupe Larbaletier, Pierre Larbaletier, le dresse depuis une quinzaine d’années, au moment où sa PME familiale producteur de mobilier, installée à Fontaine-les-Grès, dans l’Aube, a commencé à diversifier son activité vers les outils de gestion des déchets. "Avec notre nouvelle gamme de mobilier urbain Urbemob, nous fermons une boucle d’économie circulaire. Nos clients ont des déchets, nous avons le savoir-faire pour en faire du mobilier urbain", résume le dirigeant.

Deux à trois millions d’euros de chiffre d’affaires avec Urbemob

Présentée lors de la Grande exposition du Fabriqué en France, qui s’est tenue au Palais de l’Élysée les 26 et 27 octobre dernier, la nouvelle gamme Urbemob du groupe Larbaletier est fabriquée à partir de 20 % d’aluminium, dont 40 % d’aluminium recyclé, et 80 % d’IPRA, une matière développée par la start-up messine Replace à partir de déchets de plastique mélangés, réputés impossibles à recycler. Conçue en 2022, mise sur le marché à l’autonome 2023, cette nouvelle gamme devrait permettre au groupe Larbaletier d’engranger près de 500 000 euros de revenus cette année. "Et d’ici deux à trois ans, nous pourrons atteindre les 2 à 3 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette gamme, pour viser à terme 10 à 15 % de l’activité de l’entreprise", fixe Pierre Larbaletier.

Sur des marchés compliqués

Concepteur et fabricant de mobiliers pour la grande distribution et les collectivités, le groupe s’appuie sur deux sites de production, pour un total de 25 000 m2, et emploie 105 salariés. Tirée par la grande distribution jusqu’aux années 2010, l’activité a connu un point haut en 2017, atteignant alors 25 millions d’euros de chiffre d’affaires, avant de redescendre à 15 millions d’euros sur le dernier exercice. Dans le portefeuille client du groupe Larbaletier se trouvent des enseignes comme Casino ou Auchan. "Autant dire que le contexte actuel est très compliqué", souffle Pierre Larbaletier, en indiquant que le chiffre d’affaires de sa PME a dévissé de 30 % il y a deux ans.

Pierre Larbaletier, directeur général du groupe éponyme — Photo : Romain Menu - Films et Photographies

Une diversification vers plus de valeur ajoutée

Actuellement, l’ensemble des activités liées à la décoration urbaine, allant des bancs publics, aux barrières en passant par les jardinières pour les hôtels parisiens, pèse environ 5 % du chiffre d’affaires. "Mais c’est une diversification qui nous permet d’aller vers plus de valeur ajoutée", souligne Pierre Larbaletier. La rencontre avec Laurent Villemin, le dirigeant de Replace, a ouvert de nouveaux horizons à Pierre Larbaletier. "Son procédé permettait de recycler des plastiques que mes clients collectaient. J’étais persuadé qu’il y avait quelque chose à faire", indique le directeur général du Groupe Larbaletier.

Des prix "trop décalés" pour la grande distribution

Historiquement lié au secteur de l’horticulture, le groupe Larbaletier imagine d’abord proposer des nouveaux produits aux jardineries. "Le déchet de jardinerie aurait pu devenir un banc ou un accessoire de jardin", illustre le directeur général du Groupe Larbaletier. Mais le modèle économique actuel des enseignes de jardinerie implique d’écraser les marges : "Notre prix public était trop décalé", regrette Pierre Larbaletier en indiquant ne pas laisser tomber le segment du grand public mais avoir renoncé à y mettre des efforts commerciaux.

Un gisement au sein des collectivités

Déjà fournisseur des collectivités à travers une solution de collecte de déchets, baptisée éco-boutique, Pierre Larbaletier bâtit alors pour elles un modèle d’économie circulaire : "Dans les services techniques des collectivités, il y a des plantations, donc du déchet du pot de fleurs, mais aussi leurs propres déchets de plastique et en parallèle, nous pouvons aussi collecter du déchet plastique grâce à nos éco-boutiques. Tout cela, c’est le type de déchets que peut traiter Replace", démontre le directeur général du Groupe Larbaletier.

La matière recyclée, produite dans l’unité de Replace basée à Vienne-le-Château dans la Marne, est livrée sous forme de barres qu’il suffit de débiter pour en faire des lattes, utilisable pour fabriquer des bancs. "Cette nouvelle gamme nous permet de remettre au goût du jour un métier que nous avions un peu délaissé et sur lequel nous amenons un coup de jeunesse", se félicite Pierre Larbaletier.

Le danger de la spirale du moins-disant

Fier de ses produits mais inquiet de la crise qui secoue l’économie française, le directeur général de la PME auboise espère que les collectivités accepteront de ne pas céder aux sirènes du moins-disant pour s’équiper en mobilier urbain. "L’ambiance de crise n’est pas très favorable", regrette Pierre Larbeletier, en soulignant que les tarifs de la gamme Urbemob sont pourtant parfois inférieurs à du mobilier urbain déjà référencé par les distributeurs. "Le banc cintré que nous avons présenté à l’Élysée est à 2 000 euros. On peut trouver des bancs similaires mais non recyclés pour deux fois plus cher…", précise-t-il.

Vers une unité de production de plastique recyclé dans l’Aube ?

À terme, le chef d’entreprise aimerait populariser ce concept de boucle d’économie circulaire auprès des collectivités, mais aussi des industriels. "Je ne peux pas livrer le nom de l’industriel, mais nous avons commencé à travailler sur les barrières du cheminement piéton d’une usine en recyclant ses déchets", indique Pierre Larbaletier. Avec le dirigeant de Replace, Laurent Vuillemin, le dirigeant espère pouvoir investir dans une unité de production de plastique recyclé dans l’Aube, pour fournir le Groupe Larbaletier mais aussi tous les industriels et collectivités qui voudront s’engager dans la démarche.

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