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Le fabricant de puzzles Alizé Group étoffe son outil de production pour atteindre ses objectifs de croissance
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Le fabricant de puzzles Alizé Group étoffe son outil de production pour atteindre ses objectifs de croissance

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Fabricant et distributeur de puzzles installé à Behren-lès-Forbach, en Moselle, Alizé Groupe s’apprête à injecter 400 000 euros dans une nouvelle presse. Un investissement dans l’outil de production, qui doit permettre à la PME de fabriquer jusqu’à 1,5 million de puzzles.

La nouvelle presse d’Alizé Group va nécessiter un investissement allant jusqu’à 400 000 €, en fonction des options de configuration retenues — Photo : Lucas Valdenaire

L’objectif pour l’exercice 2025 est fixé : "Produire 800 000 puzzles", dévoile Richard Bedrossian, le directeur administratif et financier de la PME mosellane Alizé Group. Basé à Behren-lès-Forbach, le fabricant et distributeur de puzzles, exploitant cinq marques et onze sites internet de distribution, vient d’investir pour desserrer les contraintes sur son outil de production. "Avec notre première presse de 21 tonnes, nous aurions peut-être pu aller, au maximum, jusqu’à 600 000 voire 700 000 puzzles produits. Mais pas atteindre notre objectif de production pour 2025", explique Richard Bedrossian.

Une presse de 9 tonnes

Installée en début d’année dans les 1 000 m2 du bâtiment occupé par Alizé Group, la nouvelle presse de 9 tonnes achetée auprès de l’espagnol Cauhé Industries est encore en phase de rodage. "L’investissement final dépendra des options que nous allons retenir et de la manière dont nous allons configurer cette nouvelle presse", précise le directeur administratif et financier d’Alizé Group, qui anticipe jusqu’à 400 000 euros d’investissement.

Frédéric Metge est le PDG d’Alizé Group — Photo : Alizé Group

Le puzzle, une "star des loisirs"

En 2024, la PME, qui emploie 50 salariés, a atteint les 7,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 60 % de ces ventes réalisées grâce aux puzzles produits par Alizé Group, soit près de 500 000 boîtes mises sur le marché. Et en 2025, le budget prévisionnel montre que l’entreprise devrait boucler l’exercice sur un chiffre d’affaires compris entre 8,5 et 9 millions d’euros.

"Depuis l’épisode de Covid en 2020, les puzzles sont devenus des stars des loisirs, et l’intérêt n’est jamais retombé", explique Frédéric Metge, le PDG d’Alizé Group. En 2022, la production tournait à 1 200 boîtes par jour, pour atteindre 2 500 boîtes en 2024 : "Pour 2025, nous visons les 3 200 boîtes par jour", souligne Richard Bedrossian.

Une stratégie de croissance et le soutien d’un fonds

Pendant l’épidémie, l’activité de l’entreprise est montée jusqu’à 10 millions d’euros, avant de revenir à 6,4 millions d’euros en 2022. Cette explosion du chiffre d’affaires a convaincu les actionnaires de l’époque d’investir 2,7 millions d’euros dans une première ligne de production de puzzles, en rapatriant la fabrication réalisée jusqu’alors en Turquie ou dans les pays de l’Est. En juin 2022, le fonds parisien UI Investissement, qui gère 1,5 milliard d’euros d’actifs auprès de 300 entreprises, a repris la PME lorraine en LBO et lancé une stratégie de croissance, mêlant augmentation de la capacité de production et développement à l’international.

Alizé Group vise la production de 3 200 boîtes de puzzle par jour en 2025 — Photo : Alizé Group

Développement des ventes en B2B

En 2023, l’entreprise a investi dans plusieurs nouveaux outils, dont une deuxième imprimante, pour près de 450 000 euros. Puis une nouvelle machine de fabrication de boîtes de puzzles, acquise pour près de 400 000 euros. "Au printemps 2024, nous avons acquis une troisième imprimante, pour pouvoir augmenter nos capacités d’impression, mais surtout pour être plus réactif et nous permettre de produire des petites quantités", retrace Richard Bedrossian. La PME mosellane réalise en effet 500 000 € de chiffre d’affaires en travaillant à façon, en marque blanche pour des clients professionnels qui exigent d’être livrés immédiatement. Un vecteur de développement intéressant pour Alizé Group, puisque la production réalisée est payée tout de suite, et n’a pas besoin d’être stockée, comme dans le cas de la distribution aux particuliers.

Opérant à 100 % en vendant aux particuliers à son lancement, Alizé Group réalise actuellement près de 35 % de ses ventes à des professionnels : "Le taux de marge est moins bon, mais nous nous rattrapons sur la quantité", expose le directeur administratif et financier.

Un outil de production qui avait du mal à suivre

En commençant par desserrer les contraintes liées à l’impression, l’équipe d’Alizé Group s’est retrouvée face à un nouveau goulot d’étranglement : la presse, qui permet de coller les feuilles imprimées sur le carton constituant le support du puzzle, n’était pas loin de la saturation. "Au moment des fêtes, qui représentent le pic de l’activité, l’unité de production a eu du mal à suivre dès le mois de novembre", illustre le directeur administratif et financier d’Alizé Group. Pour suivre, l’équipe de la PME a mis en place un troisième poste de huit heures.

La nouvelle presse d’Alizé Group va nécessiter un investissement allant jusqu’à 400 000 €, en fonction des options de configuration retenues — Photo : Lucas Valdenaire

Vers de nouveaux investissements

Dès le printemps 2024, la décision d’investir dans une nouvelle presse était prise : "Avec les deux presses à plein régime, nous serons en capacité de produire jusqu’à 1,3 voire 1,5 million de puzzles", calcule Richard Bedrossian, tout en précisant que pour atteindre ce niveau il faudra équiper la PME avec une nouvelle contre-colleuse, cette machine qui réalise l’opération de dépôt de la colle entre le carton et la feuille imprimée, ainsi qu’une nouvelle machine à découper les pièces, soit à chaque fois, un ticket d’environ 400 000 euros.

Se positionner comme un "mini-Amazon du puzzle"

De quoi envisager d’arrêter le négoce et de ne vendre que des puzzles sous les marques d’Alizé Group ? "Ce n’est pas notre stratégie", tranche Richard Bedrossian. Le dirigeant, qui travaille pour positionner Alizé Group comme un "mini-Amazon du puzzle", veut proposer à ses clients un "large éventail de ce qui se fait dans le monde du puzzle".

"Pour pouvoir être un mini-Amazon, il n’est pas possible de ne proposer que les marques d’Alizé Group", pose le directeur administratif et financier. Ensuite, la position de distributeur permet aux équipes d’Alizé Group de repérer très rapidement les tendances de marché à l’échelle de l’Europe. "Les goûts et les couleurs des Allemands, des Anglais et des Français ne sont pas les mêmes, et nous avons des marques qui fonctionnent très bien en Allemagne qui ne connaissent qu’un succès mitigé en France", précise Richard Bedrossian.

En 2025, la PME mosellane prévoit de s’équiper d’un entrepôt au Royaume-Uni — Photo : Alizé Group

Un entrepôt logistique au Royaume-Uni

Sur les ventes aux particuliers, la France représente 40 % du total des ventes, quand l’Allemagne pèse 35 % et le Royaume-Uni environ 10 %. Une zone dans laquelle, malgré le Brexit et les surcoûts liés au franchissement d’une frontière, la PME va accélérer. "Nous avons créé une filiale, et nous travaillons sur la création d’un site logistique, qui disposera de capacités d’expédition très rapide, pour répondre au consommateur", explique le directeur administratif et financier d’Alizé Group. "C’est un projet pour 2025."

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