Le drone sous-marin du varois Marine Tech et ses partenaires en passe de se concrétiser grâce à France 2030
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Le drone sous-marin du varois Marine Tech et ses partenaires en passe de se concrétiser grâce à France 2030

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Un an après le lancement de son programme Manta X et deux ans avant sa livraison, l’entreprise varoise Marine Tech et ses partenaires, implantés à Lorient, Pessac et Toulouse, ont présenté les avancées de leur projet soutenu par France 2030. L’ambition : mettre au point un drone sous-marin de nouvelle génération capable de plonger à 6 000 mètres de profondeur.

Thierry Carlin, le dirigeant de Marine Tech, ses équipes et ses partenaires ont reçu le Préfet du Var, Philippe Mahé, pour présenter les avancées du projet manta X, soutenu par France 2030 — Photo : Hélène Lascols

C’est un projet hautement stratégique que mènent l’entreprise varoise Marine Tech (CA 2023 : 314 000 euros) et ses partenaires, Hologarde (CA 2023 : 9,70 M€), filiale d’Aéroports de Paris, Ship As A Service à Lorient, allié depuis 2020 à l’entreprise marseillaise Comex et la société I2S (CA 2022 : 16,70 M€), implantée près de Bordeaux et Toulouse. Ensemble, ces quatre entreprises travaillent au développement d’une solution innovante de cartographie et de surveillance des zones côtières et grands fonds marins, à 6 000 mètres de profondeur.

Marine Tech, pilote du projet

L’idée a été imaginée par Marine Tech. La société d’ingénierie, fondée en 2014, se présente comme un spécialiste de la protection et de la bonne connaissance de la mer et l’innovation est au cœur de sa stratégie. On lui doit déjà Helio Water, une station autonome capable de transformer l’eau de mer en eau potable grâce au soleil, adossée depuis à une filiale du même nom. On lui doit aussi un système de récupération des nappes d’hydrocarbure en mer, le Notil, adopté par l’État français. Mais en ce début d’année, c’est donc pour un drone sous-marin, dont l’armature imite le corps d’une raie manta que l’entreprise fait parler d’elle.

Un projet soutenu à hauteur de 5 millions d’euros

Baptisé Manta X, le projet de 36 mois en est déjà au tiers. "Un premier exemplaire a été présenté et primé par un prix spécial du Gican lors du salon Euronaval 2024 et il est déjà très attendu", confie Thierry Carlin, le dirigeant de Marine tech.

Pourtant, il a bien failli rester au stade de dessin, "essuyant un premier refus de la Direction générale de l’armement dans le cadre de son dispositif de soutien à l’innovation, Rapid (régime d’appui à l’innovation duale), nous avons finalement décroché une aide de 800 000 euros en présentant une maquette", raconte le dirigeant. Depuis un an, le projet, labellisé par le Pôle Mer Méditerranée, s’est accéléré, puisqu’il a reçu une aide décisive, 5 millions d’euros, en remportant l’appel à projets Corimer du programme France 2030 sur l’exploration des fonds marins. "En un an, nous avons déjà développé le drone sous-marin, l’UHV Manta, dont les tests en mer se déroulent au large de Toulon en ce début d’année. Il intégrera des capteurs pour cartographier et inspecter les fonds marins et sera doté d’autonomie décisionnelle grâce à l’intelligence artificielle. Il s’agit désormais de mettre au point la station d’accueil sous-marine, qui fonctionnera comme un ascenseur pour descendre le drone à la profondeur voulue, lui permettre se recharger et de transférer ses données via des signaux lumineux en morse, entre deux missions en autonomie", détaille Thierry Carlin.

Des applications multiples

Dans 24 mois, le consortium livrera un dispositif complet et fonctionnel. "Nous avons l’ambition de proposer un système compact et peu coûteux, moins d’un million d’euros, pour adresser un maximum d’utilisateurs potentiels", souligne Thierry Carlin.

Les applications sont nombreuses : guerre des mines, lutte contre les narcotrafics, maintenance des éoliennes en mer, connaissance des fonds marins, etc. "Nous avons déjà des marques d’intérêt à Abou Dabi ou au Qatar. Naval Group a également choisi ce drone pour la réalisation de tests", confie l’entrepreneur. Ce projet mobilise déjà 20 personnes, dont 8 chez Marine Tech et à terme, 12 à 17 emplois pourraient être créés chez l’ensemble des partenaires avec une production des systèmes dans le Var.

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