Un mois avant la publication de ses résultats pour l’année 2024, le groupe bancaire finistérien Crédit Mutuel Arkéa (plus de 11 500 collaborateurs, un PNB net de 2,1 Md€ en 2023) a présenté à la presse son projet stratégique "Faire 2030". Il est le fruit d’un travail collaboratif qui a mobilisé les salariés et administrateurs de l’entreprise ces douze derniers mois.
"Nous sommes une banque territoriale, de taille intermédiaire, mais avec un développement au niveau national", resitue Julien Carmona, président d’un groupe coopératif composé des fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et de leurs caisses locales adhérentes, ainsi que d’une quarantaine de filiales spécialisées (Fortuneo, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, Suravenir…).
Une banque en "forte croissance"
Le groupe est sur une bonne dynamique. "Sur ces dernières années, nous sommes la banque française qui a la plus forte croissance. Face à un contexte économique plus dur (remontée des taux…) et face aux incertitudes, ce plan est un moyen de trouver de nouvelles réponses en poussant et en transformant notre métier cœur, la banque et l’assurance, et en trouvant des relais de croissance et de rentabilité sur des activités non bancaires et moins bancaires : le capital investissement, le B to B et la banque en ligne, proche d’une activité de services."
Un résultat net de 550 millions d’euros recherché
Des objectifs chiffrés ont été transmis à horizon 2027, qui constitueront "une première étape à atteindre" avant le point d’atterrissage de 2030. Le Crédit Mutuel Arkéa se projette sur 550 millions d’euros de résultat net, un coefficient d’exploitation (rapport entre les coûts d’exploitation et le PNB) inférieur ou égal à 67 % et 7 millions de sociétaires et clients (vs 5,5 millions en 2024). Le groupe bancaire souhaite aussi augmenter de 10 milliards d’euros les montants injectés dans l’économie réelle sur la période 2025-2027, en accompagnant notamment les chantiers de transition des entreprises. "Tout notre enjeu sur les années à venir, c’est d’aller voir comment nous allons attirer de nouveaux clients et mieux les servir. La finance a un rôle à jouer dans les transitions. Nous pouvons influencer et influer pour changer le monde à notre niveau", prévient Hélène Bernicot, la directrice générale. Deux marchés sont mis en évidence sur le territoire breton pour poursuivre cette conquête : l’agroalimentaire et l’agriculture.
Investissements dans l’informatique et le capital humain
Pour tenir ses objectifs, le Crédit Mutuel Arkéa prévoit d’engager des investissements importants sur les outils informatiques et l’intelligence artificielle : entre 10 % et 13 % de ses revenus chaque année. Des moyens seront également dédiés au marketing et à la publicité pour valoriser les marques du groupe et son offre. Le capital humain est aussi mis en avant. "Le groupe a recruté ces dernières années (+ 7 % de collaborateurs entre 2020 et 2024, NDLR) et va continuer de recruter en 2025. On n’a pas de plans sociaux chez nous, l’attachement au collectif est très fort", souligne Hélène Bernicot.
Un déménagement en vue en région rennaise
Cela n’empêche pas l’efficacité opérationnelle : le groupe réunira fin 2026 deux sites de travail en un dans le quartier de la Courrouze en région rennaise en déménageant sa filiale Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels installée à Saint-Grégoire et la direction départementale 35, située boulevard de la Tour d’Auvergne à Rennes. Près de 500 salariés seront regroupés dans un même site de 11 000 m2. "C’est le signe de notre volonté de poursuivre notre conquête en Bretagne", souffle Julien Carmona qui souligne que le Crédit Mutuel de Bretagne est déjà numéro 1 sur le marché des particuliers en Bretagne. "On a beaucoup progressé, notamment sur le crédit habitat." Dans sa trajectoire 2030, l’entreprise finistérienne veut faire de sa banque de détail, la "banque d’un foyer breton sur deux".