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Le courtier strasbourgeois Roederer a augmenté son chiffre d'affaires de 50% en 4 ans 
Strasbourg # Assurance # Reprise

Le courtier strasbourgeois Roederer a augmenté son chiffre d'affaires de 50% en 4 ans 

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Entre 2020 et 2024, le courtier strasbourgeois Roederer a augmenté son chiffre d'affaires de 50 % à 45 millions d'euros et élargi son périmètre grâce à une croissance externe soutenue. Le groupe a gagné une centaine de collaborateurs.

Pierre-Louis et Geoffroy Roederer et, à droite, Pierre Humbert, directeur général adjoint — Photo : Pascale Schaeffer

En février 2020, en plein Covid, le courtier Strasbourgeois en assurance spécialisé sur les risques d’entreprise, Roederer, met sur les rails son projet d’entreprise. Avec l'envie de croître malgré la crise. Le premier courtier indépendant de la région, le 14ᵉ courtier généraliste au niveau national selon le classement de l’Argus, s’engage alors dans un plan à quatre ans. À l’heure du bilan, le directoire du groupe (constitué de Geoffroy Roederer, le président, ses deux fils Pierre-Louis et Étienne, vice-président, et le directeur général adjoint Pierre Humbert) peut afficher un chiffre d’affaires en hausse de 50 % en l'espace de quatre ans à l’aune des 45 millions d’euros de chiffre d’affaires prévisionnel pour 2024 (42,8 millions d’euros en 2023, 30 millions d'euros en 2020). Une performance qui s'explique, notamment, par une stratégie de croissance externe soutenue sur l’exercice.

Deux acquisitions et une implantation depuis le début de l'année

En 2024, Roederer a ainsi accéléré ses acquisitions en Rhône Alpes (AURA constitue aujourd’hui 10 % de son chiffre d'affaires) avec le rachat de deux courtiers à Lyon et Grésy-sur-Aix, et renforcé sa présence en Franche-Comté avec l’implantation d’un bureau à Besançon. Le groupe est désormais présent sur neuf sites, en Île-de-France, AURA, Franche-Comté et Grand Est, un territoire stratégique sur lequel Roederer entend poursuivre son développement.

En 2020, le courtier gestionnaire avait repris notamment le courtier Draber Neff à Schiltigheim dans le Bas-Rhin. La dynamique est éprouvée de longue date : en vingt ans, le groupe a procédé au total à une vingtaine d'acquisitions. "La croissance externe explique 60 % de notre hausse de chiffre d'affaires (15 millions d'euros) sur les quatre dernières années", précise Geoffroy Roederer, la quatrième génération à la tête de l'entreprise familiale.

De 260 à 360 collaborateurs

Avec 360 collaborateurs, 100 de plus qu’en 2019, Roederer a aussi assis son statut d’ETI, "Entreprise de taille idéale" ironise Étienne Roederer. Taille idéale certainement, mais critique aussi (Roederer a enregistré 365 millions d’euros de primes encaissées en 2023) pour faire face à la concentration du marché assurantiel d’une part, et du marché du courtage de l’autre. Un renforcement nécessaire dans un contexte marqué par la forte augmentation du prix des assurances et une restriction des garanties.

Une restructuration du portefeuille vers les grosses PME et ETI

En appui de sa croissance externe, Roederer a fait le choix commercial de restructurer son portefeuille sur les "grosses PME PMI, ETI et grands groupes". Le courtier s’est également spécialisé sur le risque cyber, la construction, le risque industriel, le risque dirigeants et l’international qui constitue actuellement 5 % de son chiffre d'affaires. "Nous sommes capables d'accompagner nos clients à l'export dans 130 pays", se félicite Etienne Roederer. Déjà affilié aux réseaux internationaux de courtiers Unison Brokers et Uniba Partners l'Alsacien a rejoint en janvier le réseau américain WBN.

Des investissements, également dans la transition numérique

La croissance entraîne la croissance. "La raison pour laquelle nous nous sommes fixés l'ambition d'accroître notre chiffre d'affaires, c'est parce qu'on savait qu'on avait devant nous des investissements très significatifs, en IT (10% du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise sont consacrés à la transition numérique, NDLR), en conformité, et en recrutements", estime Geoffroy Roederer.

Car dans le même temps, en prévision de l’intégration de l’IA, le groupe strasbourgeois a accéléré sa transition numérique et remplacé ses deux ERP. Il a développé Qwitus, son propre progiciel de gestion d'assurance de personnes open source dont le courtier nantais Bessé est d'ailleurs devenu le premier partenaire.

En amont de la réglementation européenne Dora qui entrera en vigueur en janvier 2025, Roederer a également décroché la certification ISO 27 001 (relative à la protection des systèmes d’information, le groupe héberge les données de 350 000 assurés).

Une nouvelle gouvernance

À 130 ans (célébrés en 2023), le groupe parachève sa transformation en se dotant d’une nouvelle gouvernance, structurée autour d’un directoire en charge du projet d’entreprise, d’un Comex, et de deux comités de direction. Afin de "poursuivre le projet de transmission d’entreprise de la quatrième vers la cinquième génération et d'accompagner la transformation de l’entreprise", souligne Geoffroy Roederer, 61 ans. "Nous sommes à un moment clé, il faut que nous soyons capables de passer d’une situation dans laquelle nous avions quelques femmes et hommes clés dans l’organisation à un collectif, c’est une transformation très profonde de l’entreprise et très souhaitable" qui doit se mettre en place insiste le président.

Afin de réunir sur un site ses 300 collaborateurs dispatchés entre l’entité de Schiltigheim et le siège de la Meinau, le groupe est également désormais à la recherche de locaux (4 500 m2) sur le périmètre de l’Eurométropole.

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