Le coup de la sardine

Le coup de la sardine

On le connaît bien, à Marseille, le coup de la sardine. Ce poisson un peu fourbe qui, dans la célèbre galéjade, obstrue insidieusement le Vieux-Port de la ville. Mais depuis un petit moment, on la croyait en goguette, la sardine. La Cité phocéenne se croyait enfin libérée de son joug. De belles victoires au compteur et des projets plein la tête, la ville pensait pouvoir à nouveau souffler en liberté ses énergies créatrices, porteuses de vie et d'espérance. Et pourtant, la revoilà, la sardine, fureteuse et sournoise, qui vient se frayer à nouveau un chemin dans la rade marseillaise. Mais que veut-elle, cette sardine ? Bloquer une fois de plus le développement de la ville ? Oh, il ne s'agit pas de la sympathique "Sardine" chantée à tue-tête sur le Vieux-Port par Patrick Sébastien, le mois dernier, à l'occasion d'une Fête de la musique aussi populaire que réussie ! Non, hélas, c'est l'autre sardine. Celle qui empêche Marseille de sortir, non pas de son port, mais des vieux démons qui ont forgé son image. Le territoire vient d'enregistrer son dixième règlement de comptes depuis le début de l'année. Les affaires politico-financières mettant en oeuvre des personnalités du cru se multiplient à l'envie. Et évidemment, la presse nationale s'en délecte, suscitant la vive réaction d'acteurs locaux, comme la patronne de la Station Alexandre, qui dénonce ce mois-ci dans nos colonnes la cabale médiatique dont les quartiers Nord feraient l'objet. Alors, Marseille va-t-elle laisser la sardine s'installer ? Ou la capitale européenne de la culture, aujourd'hui redécouverte dans le monde entier, va-t-elle, comme beaucoup l'espèrent, laisser une bonne fois pour toutes le champ libre à ses ambitions ? @email

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