"Terrifiant", c'est l'adjectif qu'a employé à de nombreuses reprises ce matin Frédéric Motte, président des Medef Lille et Nord - Pas-de-Calais et vice-président, au national, délégué au pôle branche, territoires et mandats. Il a ainsi qualifié la situation du fabricant de dentelles calaisien Desseilles, qui est au bord de la liquidation judiciaire suite à demande faite début décembre aux dirigeants, par le tribunal administratif de Lille, de réintégrer cinq salariés licenciés. Le coût ? Un million d'euros. "C'est la justice qui tue son tissu économique", a fustigé le patron du Medef. Aucun repreneur ne s'étant manifesté, l'entreprise calaisienne, qui emploie un peu plus de 70 salariés, va vers la liquididation. Un rendez-vous est fixé au tribunal de commerce ce mercredi, pour fixer le sort de l'entreprise. Autre point sensible du moment à Calais : la hausse de la fiscalité, le versement transport étant passé en juillet dernier de 1,2 à 2 % de la masse salariale. "Le problème numéro un des entreprises, c'est la fiscalité et là, on alourdit encore le sac à dos !", s'emporte Frédéric Motte. Il ajoute : "C'est 6 millions d'euros en plus ponctionné sur les entreprises d'un territoire en difficulté, nous appelons les élus à la cohérence". Le président du Medef s'en est également pris aux derniers décrets, datés du 31 décembre, concernant la pénibilité au travail. Il regrette : "Un manque de confiance total. C'est la négation des efforts et de actions que les dirigeants peuvent mettre en place dans l'entreprise". Enfin, Frédéric Motte a encore regretté le report de 15 jours du projet de loi El Khomri. "Si c'est un décalage qui doit aboutir à un repli, nous aurons raté une occasion", indique-t-il. Il ajoute aussitôt : "Notre économie n'a pas les moyens d'attendre. Nous sommes le seul pays d'Europe où on voit le taux de chômage augmenter. Les grandes entreprises vont investir ailleurs et nos PME meurent."
Autant de points noirs qu'a tenu à soulever le président du Medef Nord Pas de Calais, le tout dans un contexte d'inquiétude pour les dirigeants, dont le moral n'est pas au rendez-vous. "Les indicateurs ne sont pas au vert : les investissements ne redémarrent pas, les recettes de TVA n'évoluent pas et les chiffres du tribunal de commerce de Lille ne sont pas bons en raison de la crise qui dure et des délais de paiement, qui représentent près de 25 % des défaillances", indique Frédéric Motte.