Dans l’univers feutré de la finance, le positionnement du cabinet alsacien Cairus détonne. Installée à Schiltigheim, à proximité de Strasbourg, la société opérant dans les opérations de fusion-acquisition, les levées de fonds ainsi que le conseil en financement veut devenir "la référence auprès des PME pour les accompagner dans leurs opérations financières", affirment les trois associés et co-fondateurs de Cairus, Jérémie Walch, Arnaud Picaudé et Reynald Maillot.
Une centaine d’opérations réalisées
Filiale du groupe nancéien Mentor (CA : 260 M€ ; 2 200 salariés) depuis 2023, Cairus vient d’ouvrir trois bureaux, à Lyon, Grenoble et Rouen, pour s’appuyer sur un maillage de 17 bureaux en régions. "Pas un seul entrepreneur en France ne doit être à plus de deux heures de trajet. Et tous les dirigeants doivent avoir accès en régions à une qualité de conseil observée plus souvent à Paris. C’est l’idée de notre modèle", décrit Jérémie Walch. Discret sur le chiffre d’affaires réalisé, Jérémie Walch affirme que son entreprise est en capacité de réaliser "une centaine d’opérations par an, soit une opération tous les trois jours" sur le marché des fusions-acquisitions, avec une équipe composée de 60 collaborateurs, contre seulement dix en 2023.
Le groupe Mentor pousse à l’internationalisation
Sans se donner de répit pour absorber la croissance des effectifs et de l’activité, les dirigeants de Cairus visent désormais un développement à l’international. Une stratégie initiée en accord avec l’actionnaire majoritaire du cabinet, le groupe Mentor, lancé dans l’internationalisation de l’ensemble de ses activités. Les trois associés de Cairus y voient un positionnement stratégique porteur. "Nous allons être le premier cabinet à proposer pour les PME des opérations de fusion-acquisition transfrontalière", se félicite Jérémie Walch. "Avoir un maillage identique à celui que nous avons créé en France dans les pays limitrophes a du sens, parce que pour nos clients dans les deux pays, cela offre un champ supplémentaire d’acquéreurs ou vendeurs."
Grande exigence dans les recrutements
Sans vouloir préciser les objectifs, le dirigeant estime que l’international doit peser rapidement "beaucoup plus que la France" dans l’activité de Cairus. Concrètement, l’activité est lancée avec un premier recrutement en Belgique et un autre collaborateur est attendu pour opérer depuis le Canada. Au Maroc, deux directeurs de bureau potentiels sont entrés en discussion avec Cairus. Et les associés du cabinet travaillent déjà sur un centre d’exécution installé dans le royaume : "Il y a des jeunes de grande qualité au Maroc, qui sortent de très bonnes écoles de commerce comme à Casablanca", précise Jérémie Walch. En Allemagne, un premier recrutement va être lancé rapidement, pour arriver à lancer l’activité dès l’année prochaine.
"Le problème quand on s’installe dans un autre pays, c’est toujours la connaissance du marché. Il y a de nombreuses études à valider avec les services internationaux du groupe Mentor", précise le co-fondateur de Cairus. "Ensuite, nous sommes beaucoup plus exigeants sur les recrutements, notamment parce qu’il faut trouver des personnes très autonomes."
Former pour aller vers la valeur ajoutée
En France, trouver des profils pour les métiers du financement n’a pas été compliqué, mais recruter des conseillers expérimentés dans le domaine des fusions-acquisitions en régions s’est révélé beaucoup plus ardu, du fait notamment du passage au statut de salarié. "Nous formons à Strasbourg des gens qui ont de l’expérience dans la finance, qui ont l’habitude de travailler avec des PME ou des sociétés plus grosses, qui ont la fibre commerciale, et que nous allons amener vers le métier du M & A", précise Jérémie Walch, tout en se disant parfaitement conscient des bouleversements que les nouvelles capacités des intelligences artificielles génératives vont pouvoir amener au marché.
L’intelligence artificielle vient assister l’exécution
Une évolution rapide de la technologie que les associés de Cairus veulent anticiper. Au sein de Cairus, toutes les équipes d’exécution disposent d’un abonnement à ChatGPT, utilisé comme un assistant : "Demain, toutes les présentations pourront être automatisées, c’est une question de temps", affirme Jérémie Walch, en soulignant que les secrets de la mise en relation de deux dirigeants d’entreprise resteront inaccessibles à une intelligence artificielle. "L’IA peut nous assister dans une partie du process, trouver des acheteurs, envoyer des mémos, une partie de ce que font nos jeunes aujourd’hui. Mais l’enjeu, c’est d’arriver à créer du lien pour permettre d’acheter des boîtes", résume le dirigeant, en soulignant les efforts investis par son entreprise dans la montée en compétences des jeunes recrues : "L’enjeu, c’est de les faire évoluer très fortement sur des positions à plus forte valeur ajoutée".