Assembleur de chaufferies industrielles au gaz, LCI Group fait le pari de la chaudière électrique en vue d’accélérer son développement. Pour s’approprier cette technologie, la PME a signé cet été sa première acquisition auprès de la société suisse Vapec, qui fait construire et commercialise depuis 40 ans des chaudières électriques industrielles.
Le nouvel ensemble pèse 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec 110 salariés. Projetant une montée en puissance, LCI Group vient aussi d’investir 8 millions d’euros dans un nouveau site de 6 000 m² à Carvin, dans le Pas-de-Calais, abritant le siège et les ateliers de production.
Une première acquisition
Si la chaudière électrique n’est pas une technologie nouvelle, elle était tombée en désuétude. "J’exerce ce métier depuis 30 ans et il y a encore quatre ans, personne n’y voyait d’intérêt", s’amuse Laurent Carlier, codirigeant et cofondateur, aux côtés de Mathieu Godefroy. Malgré ce désengouement, Vapec a maintenu son savoir-faire sur ce créneau, suscitant l’intérêt des deux dirigeants de LCI Group. "Pour nous lancer dans la chaudière électrique haute tension, nous avions besoin de nous appuyer sur un savoir-faire et une expérience".
D’assembleur à constructeur
LCI Group était jusque-là assembleur et distributeur exclusif en France et en Afrique pour le constructeur de chaudières industrielles Bosch, ainsi que pour le constructeur Certuss. Grâce à la création d’une structure nommée Vapec Industry, l’entreprise va désormais construire des chaudières électriques dans son atelier de Carvin et prospecter partout en Europe.
L’idée est née à la faveur d’un contrat décroché auprès de la société Verkor, pour équiper sa future gigafactory de batteries électriques, à Dunkerque (Nord). "Le projet portait sur une chaufferie avec un mix gaz et électricité, rapporte Alexandre Lafrance, directeur du développement commercial chez LCI Group. Nous sommes partis à la recherche d’un partenaire pour la chaudière électrique, ce qui nous a conduits à Vapec".
Un mix énergétique
Le montant de l’acquisition n’a pas été dévoilé. Vapec réalisait ces dernières années un chiffre d’affaires de 2 à 3 millions d’euros. "Pour 2025, année de démarrage de Vapec Industry, nous misons sur un chiffre d’affaires d’1 à 2 millions d’euros. D’ici cinq ans, l’objectif est d’atteindre 10 millions d’euros, annonce Laurent Carlier. Notre volonté n’est pas de remplacer la chaudière industrielle au gaz par de l’électrique, mais de proposer un mix énergétique, soit en installant des chaufferies neuves, soit en complétant des chaudières gaz déjà en place".
"Sur une année, l’électricité est moins chère que le gaz durant 3 000 à 4 000 heures"
Les clients industriels de Vapec Industry peuvent ainsi décarboner leur activité, tout en réalisant des économies. Car face au développement du nucléaire, de l’éolien et du solaire, "les tarifs de l’électricité sont parfois négatifs. Sur une année, l’électricité est moins chère que le gaz durant 3 000 à 4 000 heures", ajoute le dirigeant. Il existe déjà sur le marché des logiciels permettant de suivre le cours de l’électricité. En parallèle, LCI Group développe des systèmes pour ses chaufferies, permettant à la chaudière gaz de ralentir et à l’électrique d’accélérer, quand le tarif le justifie.