Le nombre de créations d'entreprises en France a progressé de 1,8% en 2008, mais le second semestre a tout de même été marqué par un recul de 5%. Une situation peu enviable, qui a connu un net retournement depuis le début de l'année, date d'entrée en vigueur du statut de l'auto-entrepreneur. Ce nouveau régime a en effet produit ses premiers effets puisqu'au cours du mois de janvier 2009, les créations d'entreprises ont augmenté de 10,6% en France par rapport à janvier 2008. Un chiffre qui s'établit à un peu plus de 10% pour la région Paca.
L'engouement pour ce nouveau régime
L'auto-entrepreneur a donc rencontré son public et l'URSSAF du Var, gestionnaire unique du dispositif, a ainsi enregistré du 1er janvier au 16 mars 2 159 demandes d'immatriculations et 1 414 personnes ont d'ores et déjà été inscrites en auto-entrepreneur. Les raisons de cet engouement: la simplicité de l'acte de création et l'attractivité fiscale de ce nouveau régime. « Ainsi le statut d'auto-entrepreneur s'adresse d'abord à tous les Français : à titre principal pour créer sa première activité en même temps que ses études ou pour mettre un terme à une situation de chômage, ou à titre complémentaire pour compléter son activité lorsqu'on est salarié du secteur privé ou fonctionnaire ou lorsqu'on est retraité », explique Antoine Gros, directeur de l'Urssaf du Var.
Pas de CA, pas de paiement !
Côté avantage, la principale révolution de ce régime réside dans la réduction à l'extrême des formalités et coûts liés à la création d'entreprise. « Ainsi, la relation avec l'administration peut se faire exclusivement via internet: de l'inscription à la déclaration de CA en passant par le règlement des charges sociales et fiscales dues. Mais le principal apport de ce nouveau régime, ajoute Antoine Gros c'est l'application du principe, zéro chiffre d'affaires = zéro charges, ainsi que le paiement immédiat des cotisations et impôts, ce qui permet à l'auto-entrepreneur de gagner en tranquillité d'esprit ». Ainsi, grâce à ce système, Antoine Gros espère voir les entreprises, ainsi créées, vivre un peu plus longtemps: « En permettant d'amorcer une activité indépendante et en allégeant considérablement le poids des charges, ce nouveau régime devrait permettre de pérenniser ces nouvelles activités », confie-t-il. Il devrait enfin lutter contre une certaine forme de travail illégal. « Certaines activités n'étaient jusque-là pas déclarées parce que la procédure était souvent considérée comme trop lourde. Avec le statut de l'auto-entrepreneur, on peut espérer que certains petits travaux, notamment temporaires ou saisonniers, seront désormais déclarés ».
Une adaptation continue
Si les avantages de ce dispositif sont nombreux, Antoine Gros appelle tout de même à une certaine vigilance des futurs auto-entrepreneurs et leur conseille vivement d'avoir recours à un expert-comptable ou à une structure d'accompagnement. Il regrette également que le législateur n'ait pas prévu l'obligation pour l'auto-entrepreneur de réaliser un stage de formation à la gestion d'entreprise. Enfin, il rappelle à ses détracteurs que ce régime n'est pas figé et que depuis sa création, des adaptations ont d'ores et déjà été adoptées pour l'encadrer. Les demandeurs d'emploi éligibles à l'Acre qui créent leur entreprise à partir du 1er mai bénéficieront par exemple d'un taux de cotisation sociale spécifique en tant qu'auto-entrepreneur.