Laurence Parisot : Est-elle sortie de son cadre ?
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Laurence Parisot : Est-elle sortie de son cadre ?

Polémique Le livre de la présidente du Medef, «Un piège bleu Marine», dans lequel elle attaque les idées du FN, pose la question de l'impartialité de l'organisation.

«Un programme économique (...) inadapté, irréaliste et voué à l'échec». Cette critique acerbe vise Marine Le Pen, la chef de file du Front National. Leur auteur n'est autre que Laurence Parisot, la vice-présidente de l'institut de sondage l'Ifop mais surtout la présidente du Medef. Son ouvrage «Un piège bleu Marine» coécrit avec Rose Lapresle (ex-enseignante en philosophie et dirigeante d'un cabinet de conseil en stratégie), décrypte la rhétorique et les propositions de la candidate du FN. Des mots qui prennent davantage de poids sous la plume de la patronne des patrons même si elle assure ne pas l'avoir écrit en tant que présidente du Medef. Dans le dernier chapitre de son ouvrage, Laurence Parisot démonte en une vingtaine de pages les thèses économiques soutenues par le parti d'extrême droite. «Ce qui sonnerait la mort sociale et économique de notre pays, ce serait au contraire la sortie de l'euro», dénonce la présidente. Elle analyse les conséquences qu'engendrerait cette décision politique: «Le niveau de notre endettement (qui) se trouverait considérablement accru.» Pour la vice-présidente de l'Ifop, «l'utopie lepéniste ne serait pour la France qu'un K.-O. Chaos.»




«Le Medef n'est pasun parti politique»

Malgré la virulence des écrits de Laurence Parisot, difficile d'obtenir des commentaires des dirigeants locaux Le président du Medef de Haute-Garonne, Philippe Robardey, n'a pas souhaité donner suite à notre demande d'interview. Jean Luminet, président de l'UIMM Midi-Pyrénées, n'ayant pas lu le livre, n'a fait aucun commentaire, tout comme Anouk Déqué, présidente de la CGPME 31. Daniel Thébault a quant à lui été plus prolixe. Le président du Medef régional juge que l'organisation n'est pas un parti politique. Il estime que Laurence Parisot «en tant que présidente du Medef, n'est pas là dans son rôle.» Néanmoins, il comprend «qu'elle s'engage comme vice-présidente de l'Ifop ou personnellement» avant de rappeler qu'elle avait été «la seule à annoncer un second tour Chirac- Le Pen».




«Il faudrait le faire pour tous les projets»

Concernant le débat proposé par Marine Le Pen à Laurence Parisot, Daniel Thébault partage le point de vue de sa présidente qui a refusé la joute verbale. «Je suis contre le débat sous l'étiquette Medef car elle ne va pas le faire avec François Hollande par exemple.» Un point de vue proche de celui du président du Centre des jeunes dirigeants d'entreprises (CJD), Michel Meunier qui était à Toulouse il y a quelques semaines. «Je n'ai pas d'avis particulier si ce n'est qu'il faudrait le faire dans ce cas-là pour tous les projets politiques», fait-il remarquer, avant de préciser que «les extrêmes» ne seront pas conviés aux rencontres organisées par le CJD avant la présidentielle. La présidente du FN n'a pas tardé à réagirà l'attaque de Laurence Parisot: par courrier, elle a demandé aux membres du conseil exécutif du Medef si ils cautionnaient la déclaration de leur présidente qui affirmait, dans une interview, qu'elle convoquerait une réunion exceptionnelle du Medef pour «faire barrage aux électeurs du Front National» dans le cas d'un nouveau "21avril".



Wilfried Pinson

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