Et si le cheval pouvait aider un directeur ou un chef de service à devenir un meilleur manager ? Un collaborateur plus efficace dans ses négociations, sa capacité à communiquer, à convaincre ou obtenir l’adhésion sans contrainte, ou encore à gérer son stress ou ses émotions ? Voilà le fondement de l’équicoaching, ou l’apprentissage du management par les chevaux.
"Le miroir de notre comportement"
Une formation, très sérieuse, que propose Laurence Allençon-Coma qui a fondé et dirige Kyanite, une agence de conseil et de formation en performance opérationnelle et achats responsables, basée à Antibes. "Dans l’entreprise aujourd’hui, ce qui va faire la différence entre deux personnes à connaissances égales est ce que l’on appelle l’intelligence émotionnelle, explique celle qui a été pendant vingt ans cadre dirigeante dans le secteur industriel. C’est-à-dire la capacité à analyser son environnement, à comprendre ses interlocuteurs, à avoir un relationnel, sans perdre de vue son objectif, développer de l’empathie, tout en posant le cadre. Le cheval est le miroir de notre comportement, il nous renvoie ce qu’il perçoit de notre posture, de notre verbal, de nos intentions. Il n’a aucun jugement. Il réagit en fonction de ce qu’il capte. Selon ses réactions, on amène la personne à prendre conscience de son comportement."
Pas d’équitation
Si Laurence Allençon-Coma est une cavalière émérite, les participants, eux, n’ont nul besoin de savoir monter pour recevoir les bénéfices de l’expérience. "On ne monte pas. Il ne s’agit pas non plus de caresser le cheval ou de le brosser. On travaille vraiment, dans une démarche qui s’inscrit dans le monde professionnel. Dans les ateliers interentreprises, les participants ne se connaissent pas. On peut faire des exercices d’équipe, leur demandant par exemple de se coordonner et de faire faire un parcours au cheval en liberté. Avec des personnes dans l’écoute les unes par rapport aux autres, les demandes seront claires et le cheval comprendra vite. Avec d’autres types de tempéraments, l’information sera brouillée, le cheval se retrouvera en état de stress et ne bougera pas. En entreprise, que se passe-t-il lorsque les informations sont contradictoires, ? De la même façon, on ne bouge pas, on n’avance pas, on attend une consigne claire."
Face aux nouvelles générations, les managers sont appelés à renouveler leur approche et leurs méthodes. Ainsi la demande pour ces sessions ne cesse d’augmenter. Des grands groupes aux PME, les profils sont variés qui investissent pour développer en douceur la performance de leurs équipes, ou encore pour ressouder les liens entre collaborateurs, en sortant du cadre de la société. Et même les réfractaires y trouvent leur compte. "Le cheval fait tomber les masques, on ne peut pas lui mentir. La formation est donc efficace dès lors que les personnes ont envie d’évoluer, confie Laurence Allançon-Coma. Mais même ceux qui se demandent au départ ce qu’ils font là, finissent par être bluffés et décident ensuite de travailler sur eux-mêmes, leur mode de communication ou de management."