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L’américain Highridge Medical annonce la fermeture définitive du troyen LDR Médical : 62 emplois supprimés
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L’américain Highridge Medical annonce la fermeture définitive du troyen LDR Médical : 62 emplois supprimés

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Dans l’Aube, le spécialiste des dispositifs médicaux implantables pour la colonne vertébrale LDR Médical devrait cesser son activité en mars 2026. Au total, 62 emplois vont être supprimés en trois vagues successives. Une décision annoncée subitement par la maison mère du groupe, l’américain Highridge Medical, pessimiste quant à un retour à l'équilibre de la société.

LDR Médical emploie 62 salariés en CDI à Sainte-Savine, près de Troyes — Photo : Jérôme André

À Sainte-Savine, près de Troyes, l’annonce a été subite. "Le 22 septembre 2025, la PDG d’Highridge Medical nous a avertis qu’ils souhaitaient fermer notre site. Deux mois avant, en CSE, la direction nous expliquait que tout allait bien, qu’il n’y avait aucun problème. On ne pouvait pas s’y attendre", regrette Jérôme André, élu CSE de LDR Médical et délégué syndical CGT.

Spécialisé dans la réalisation et la commercialisation de dispositifs médicaux implantables pour la colonne vertébrale, l’aubois LDR Médical (CA non communiqué) est une filiale du groupe américain Highridge Medical, spécialisé dans les dispositifs médicaux pour le traitement de pathologies de la colonne vertébrale. Créée dans l’Aube en 2000, la biotech LDR Médical avait d’abord été cédée en 2016 à l’américain Zimmer Biomet pour un milliard d’euros, avant d’entrer dans le giron du groupe Highridge Medical, cédée à un euro symbolique, "compte tenu de sa situation financière déjà dégradée", explique Mark Richards, vice-président de la communication d'Highridge Medical.

Trois vagues de départ

Le plan présenté par Highridge Medical prévoit le départ de l’ensemble des 62 salariés en CDI de LDR Médical, en trois vagues successives, pour aboutir à un arrêt de l’activité en mars 2026 puis à un départ de l’ensemble du personnel en septembre 2026.

34 collaborateurs en contrat court travaillent également sur le site, pour un total de 96 salariés présents. À ce stade, le CSE dispose encore d’un mois pour négocier le PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi), présenté par Highridge Medical. "On nous a proposé un accompagnement trois fois moins élevé qu’en 2023", accuse Jérôme André. L’entreprise avait en effet engagé un premier PSE en 2023, prévoyant le départ de 26 salariés, "tous les membres du CSE", pointe le délégué syndical.

Des raisons économiques

À l’été 2025, Highridge Medical a fermé son site européen principal, à Valence, en Espagne, d’une taille similaire au site LDR Médical de Sainte-Savine. "En juin 2025, la Direction présentait pourtant la reprise d’activité du site espagnol de Valence comme une opportunité de développement. Pourtant, à peine un mois plus tard, un cabinet externe était déjà sollicité pour préparer un plan social, alors qu’aucune information officielle n’avait été transmise au CSE", accuse la CFDT Métallurgie, dans un communiqué de presse.

"L’activité a augmenté, on a récupéré tout leur stock. Pourtant, Highridge Medical nous a dit que notre chiffre baissait. Mais nos comptes n’ont pas été finalisés ni validés depuis 2022, donc nous ne pouvons pas vérifier cette information", observe Jérôme André. "En 2025, LDR ne commercialise plus qu'une dizaine de gammes en France (contre plus d'une trentaine en 2019). La société est déficitaire depuis plusieurs années : elle a ainsi essuyé 10.9 millions d'euros de pertes en 2024, sans réelles perspectives de retour à l'équilibre en 2025", réagit Mark Richards.

Plus encore, Highridge Medical explique ne pas avoir les moyens de renouveler pour ses produits commercialisés en Europe les certifications MDR (Medical Device Regulation), un label essentiel pour la mise sur le marché des dispositifs médicaux en Europe. "On nous a aussi expliqué que le remboursement des prothèses avait diminué", cite Jérôme André.

Un engagement rompu auprès des patients

"Ils nous ont dit qu’ils arrêtaient le marché français et européen", résume l’élu du CSE. Pourtant, LDR Médical détient toujours plus de 120 brevets actifs en France, en Europe et aux États-Unis. "Derrière ces brevets, ce sont des milliers de patients implantés dont le suivi dépend directement des dispositifs conçus à Troyes. Qui assurera désormais la traçabilité et la sécurité de ces dispositifs ? Qui garantira le suivi médical des patients déjà implantés ?", interroge la CFDT Métallurgie. "Le Groupe Highridge Medical se conformera à toutes les exigences légales et réglementaires et de suivi qualité pour les patients implantés en Europe. Ce point fait bien évidemment partie de ses priorités dans le cadre du projet", avance Mark Richards.

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