Les 400 000 usines classées Seveso ou Industries classées pour la protection de l’environnement (ICPE) sont les clients visés par la start-up strasbourgeoise Weewio. Incubée chez Semia depuis janvier 2022, la jeune entreprise vient de débuter la commercialisation de sa solution pour renforcer la prévention des risques. Et accompagner les sites classés dans la transparence et l’accessibilité de leurs données autour de leur sécurité.
Cartographie sur le web
La solution proposée par Weewio a été développée sur le Web "pour être la plus universelle et accessible sur n’importe quel support". "Nous avons pris comme interface de base un fond de carte classique sur lequel il est possible de naviguer, d’ajouter précisément les lieux à risque sur les sites des entreprises, de compléter des fiches précises avec les pictogrammes de référence pour détailler l’objet et les enjeux autour de ces risques", détaillent Simon Lakhlef, président et co-fondateur de Weewio et Kévin Pétin, directeur général et co-fondateur de l'entreprise.
Lauréate du tremplin French Tech 2024, la start-up emploie aujourd’hui deux personnes en plus des fondateurs, et envisage d’atteindre une équipe de 12 personnes début 2027. L’entreprise a remporté plusieurs bourses et appels à projets de la Région Grand Est, de l’Eurométropole de Strasbourg et Bpifrance ces trois dernières années. "Nous visons une dizaine de clients avant la fin de l’année 2025 et une présence sur l’ensemble du territoire français à l’horizon 2030", affirment les deux dirigeants.
La scierie Siat comme premier client en Alsace
Pour atteindre leur objectif, l’entreprise a officialisé un premier client de poids pendant l’été : le groupe Siat (450 salariés, 175 millions d’euros de CA en 2024), plus grande scierie de France basée à Urmatt dans le Bas-Rhin. "Nous avons une activité qui représente un risque réel au niveau de l’incendie […] avec 25 bâtiments sur notre site de 25 hectares. Il nous fallait une solution de supervision globale et avec un bon niveau de détail sur l’ensemble du site", témoigne Lionel Welsh, responsable qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE) du groupe Siat.
La start-up a aussi noué son premier partenariat avec un assureur franchisé AXA, l’agence AXA Ratier-Da Silva située à Montoire-sur-le-Loire dans le département du Loir-et-Cher. "L’agence assure plusieurs centaines de clients qui pourraient être intéressés par notre solution", indique le président de Weewio qui espère nouer des partenariats avec d’autres assureurs de sites classés à l’avenir.
Une start-up née d’un projet étudiant
Avant d’être un projet entrepreneurial, la start-up Weewio a pris racine lors de la formation à l’école d’ingénieur de Strasbourg INSA de Simon Lakhlef et de la formation de Kévin Pétin à l’EM Strasbourg. "Tout est parti du constat suivant : en cas d’incendie ou de défaillances dans la plupart des sites classés, les pompiers n’ont que très peu d’informations sur les risques présents sur le site, ou possèdent des informations qui ne sont plus forcément d’actualité", résume le fondateur de Weewio.
La start-up a vu le jour pendant l’été 2020 avec l’injection de 55 000 euros de fonds propre. "Nous n’avons pas prévu de levée de fonds pour le moment", précisent les fondateurs.
Faire le lien entre tous les acteurs du QHSE
Si la start-up se positionne sur la prévention et la transparence autour de la sécurité des industries classées, Kévin Pétin considère que leur premier rôle est d’accompagner les entreprises sur les enjeux QHSE. "Aujourd’hui, responsable QHSE est un travail avec une charge de travail très, et souvent trop conséquente. Nous voulons nous positionner comme l’intermédiaire qui fait le lien entre toutes les parties de la QHSE, aussi bien les industries, les services de l’État et les services d’interventions en cas de crise".
Et Simon Lakhlef de compléter : "L’idée est d’avoir une meilleure analyse des risques présents sur chaque site, renforcer la prévention et identifier les manquements pour faciliter le travail et assurer la sécurité des entreprises. C’est un enjeu universel quand on voit les conséquences et leur durée dans le temps que peuvent avoir des accidents sur des sites classés".
Les deux fondateurs négocient actuellement des partenariats stratégiques "avec des acteurs institutionnels, dont des instances de l’État, des bureaux d’études et de nombreux intermédiaires de la QHSE", indique Simon Lakhlef sans donner davantage de détails. À ses côtés, Kévin Pétin précise toutefois leur principal objectif actuel : "Obtenir des clients dans des grands groupes et assurer le financement du développement de l’activité".