Fondée en 2013 par Emma Milady et Olivier Laffitte, Sereo développe une éolienne birotor flottante intégrant intelligence artificielle et ingénierie maritime avancée. Contrairement aux éoliennes classiques, elle ne repose pas sur une fixation au fond marin, ce qui réduit son impact écologique et facilite son installation.
Sélectionnée parmi les 100 start-up les plus innovantes au monde par la Silicon Valley, Emma Milady défendra son projet devant des investisseurs en avril aux États-Unis. La start-up fait aussi partie de la nouvelle promotion de l’incubateur du Crédit Agricole Le Village By CA.
"C’est une éolienne plus performante, moins coûteuse et invisible depuis les côtes", explique la jeune ingénieure. "Grâce à son système d’orientation passif, elle s’aligne naturellement avec le vent sans recourir à des moteurs complexes, diminuant ainsi les coûts d’entretien. Son centre de gravité abaissé lui permet de fonctionner efficacement même avec des vents modérés. L’intelligence artificielle embarquée optimise la production en ajustant les performances en temps réel. De plus, son positionnement à plus de 40 km des côtes la rend pratiquement invisible depuis le littoral."
Un enjeu stratégique
Si Sereo a déjà déposé un brevet en France, au Royaume-Uni, au Japon et en Irlande, l’innovation reste vulnérable sur d’autres marchés. "Protéger notre technologie aux États-Unis est une priorité, confie Emma Milady. Nous savons que nous sommes surveillés et que notre concept intéresse beaucoup", précise la jeune chef d’entreprise.
Avec un marché mondial de l’éolien offshore estimé à 1 500 milliards de dollars, la start-up veut s’imposer comme un acteur clé. Son modèle économique repose sur trois offres complémentaires comme la vente directe d’éoliennes aux entreprises et collectivités, des contrats de maintenance longue durée pour assurer fiabilité et performance, et une solution "Energy-as-a-Service", permettant aux clients de consommer de l’électricité sans investissement initial, avec un paiement basé sur la consommation réelle.
Prochaine étape : l’industrialisation
Après plusieurs années de recherche et le dépôt d’un brevet, Sereo est prête à passer à l’échelle supérieure. Un prototype fonctionnel a déjà été validé, et un modèle à demi-échelle sera testé en conditions réelles dès 2025. L’industrialisation et la mise sur le marché sont prévues pour 2028, avec un déploiement international à partir de 2029.
D’ici là, la start-up doit séduire les investisseurs tout en protégeant ses secrets technologiques. "Le risque de se faire voler notre innovation est réel, mais nous sommes prêts à relever le défi", affirme Emma Milady. Avec un retour sur investissement attendu de 400 % et un délai de récupération d’un coût d’investissement estimé à 4 ans, Sereo s’inscrit comme une opportunité d’investissement stratégique dans un marché en pleine expansion. "Nous devons lever 20 millions d’euros pour financer la fabrication d’un prototype et lancer une éolienne pilote", annonce la dirigeante.
Si tout se déroule comme prévu, les premières éoliennes Sereo offshore pourraient voir le jour à partir de 2029. Une avancée qui placerait Cherbourg et la Normandie au cœur de la transition énergétique mondiale.