Depuis 2011, la société normande Encore (Environnement Cotentin Recyclage) propose un service de collecte, de tri et de conditionnement du papier usagé, d’archives, des plastiques et de cartons. Un service réservé aux entreprises, aux écoles et aux associations. Devant la demande croissante de ses clients, l’entreprise dirigée et fondée par Benoît Courbaron à Saint-Sauveur-Villages (Manche) a investi 2 millions d’euros dans une presse à balles ultra-performante, capable de compacter jusqu’à 20 tonnes de papier par heure et qui permet la réduction des volumes de 30 % et d’optimiser le transport.
D’un modeste volume de collecte de 13 tonnes par mois en 2011, l’entreprise peut aujourd’hui réceptionner 100 tonnes par jour et compte 2 500 clients à travers la France, parmi lesquels des entreprises privées et des collectivités, dont le Département de la Manche. Elle collabore également avec 700 associations normandes, qui monétisent ainsi leurs déchets. En pleine croissance, le chiffre d’affaires de l’entreprise atteint les 5 millions d’euros.
Collecter pour financer des projets éducatifs
L’entreprise revend les matières premières qu’elle collecte, qu’il s’agisse de chutes industrielles, documents d’entreprise, livres, journaux ou cartons aux papeteries françaises pour leur offrir une seconde vie. "Nous avons mis en place une véritable économie circulaire", confirme Benoît Courbaron, "nous mettons à disposition des containers directement chez nos partenaires, comme près de 200 écoles en Normandie et Bretagne, ou des bacs sécurisés pour les professions libérales (notaires, avocats, cabinets médicaux). Plutôt que de déposer leurs papiers dans les colonnes d’apport volontaire gérées par nos concurrents, ils les confient à Encore. Pour les gros volumes et les archives, nous proposons également des bennes de 10 à 40 m³. Nous garantissons la confidentialité des documents collectés et délivrons un certificat de destruction pour les plus sensibles", explique-t-il. La collecte dans les écoles est organisée par les associations de parents dans le but de lever des fonds pour financer des sorties éducatives et des projets. "Les associations les plus actives parviennent à récolter entre 2 000 et 2 500 euros par an. En parallèle, cette initiative sensibilise les élèves au tri des déchets et permet aux écoles d’obtenir l’écolabel". Encore reverse 100 000 euros chaque année pour financer des projets éducatifs.
Le tri manuel effectué par des travailleurs handicapés
Avec une flotte de 15 camions et une équipe de 20 salariés en CDI, renforcée par une centaine de travailleurs handicapés en Esat pour le tri manuel, Encore continue son expansion. Elle a récemment conquis de nouveaux fournisseurs locaux et remporté un marché de déchetteries. "J’ai su tirer parti de la baisse des cours pour proposer des offres plus compétitives que mes concurrents, y compris face à des groupes internationaux", souligne Benoît Courbaron.
Grâce à son modèle rentable et ses ambitions de croissance, Encore joue un rôle majeur dans la réduction des déchets : 10 000 tonnes de papier sont ainsi sauvées chaque année de l’enfouissement ou de l’incinération.