Le 26 février dernier, Hélène Grellier a demandé la protection du Tribunal de commerce d’Angers pour l’entreprise K’liveo, qu’elle a lancée fin 2016, afin d’assurer à Angers et dans l’agglomération des livraisons sur le dernier kilomètre en triporteur, vélos et véhicules électriques.
Une croissance forte
Après huit ans d’existence, K’liveo continue de voir son activité augmenter, générant même ce qu’Hélène Grellier qualifie de "croissance rapide et complexe à maîtriser". "À la clôture de notre exercice 2023-2024 en juin dernier, précise la dirigeante, nous étions en croissance de 20 %, avec un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros, contre 896 000 euros pour l’année précédente. Et cela continue, puisque nous étions déjà à 700 000 euros de chiffre d’affaires fin décembre 2024 pour l’exercice actuel." Il y a huit ans, l’entreprise faisait ses premiers tours de roue avec un seul salarié. Elle emploie aujourd’hui 26 salariés.
Une clientèle de transporteurs et de commerçants
Cette croissance rapide, que l’entreprise n’est pas parvenue à assimiler, est l’une des causes qui a conduit la dirigeante angevine à demander le placement de K’liveo en redressement judiciaire. L’entreprise travaille à 95 % pour des transporteurs et le reste de sa clientèle est constitué de commerçants locaux. "Pour mieux gérer les flux, explique Hélène Grellier, nous avons voulu mutualiser nos zones de livraison, avec les colis de plusieurs transporteurs dans un même véhicule. Mais ils ne souhaitent pas tous utiliser notre outil de gestion, ce qui impose de multiplier les process et nous avons du mal à optimiser."
Faibles marges
Pour rationaliser les flux, l’entreprise a innové, en mettant par exemple en place un système de hubs mobiles dans différents points de la ville. "C’est arrivé trop tard, regrette Hélène Grellier, car cela fonctionne très bien, mais il aurait fallu réinjecter de l’argent pour les déployer, et notre trésorerie ne nous permet pas de le faire." Une trésorerie contrainte, dans un contexte économique qui est un des facteurs de la fragilisation de l’entreprise. Sa clientèle de transporteurs est elle-même en proie à une concurrence importante et en bout de chaîne, les marges sont faibles. Difficile aussi d’augmenter les tarifs pour faire face à la hausse des charges.
En quête d’un repreneur
Hélène Grellier souhaite maintenant qu’un repreneur poursuive et développe l’activité de K’liveo. "Nous avons 15 vélos qui circulent quotidiennement dans le centre-ville, précise-t-elle. Nous livrons environ 32 000 colis par mois et sommes allés jusqu’à 40 000 livraisons en décembre dernier. Je suis plus que jamais convaincue qu’il faut décarboner nos centres-villes, et si ce n’est pas repris, ce sont autant de camions qui vont nécessairement revenir." La dirigeante souhaite désormais se recentrer sur le développement de Logisseo (3,8 M€ de CA 2023, 40 collaborateurs), la société de prestations logistique qu’elle a créée à Angers en 2011.