Quelle est la mission de Portzamparc ?
Portzamparc (180 personnes), filiale à 100 % du groupe BNP Paribas, présent à Lyon, Marseille, Nantes et Paris, est un acteur historique des marchés financiers.
La clientèle est composée à 80 % de particuliers qui souhaitent être actifs en bourse et à 20 % d’investisseurs, de dirigeants de PME et ETI cotées. Depuis l’accompagnement de notre premier client, le groupe Manitou (spécialiste de la manutention, de l’élévation de personnes et du terrassement, implanté près de Nantes, NDLR) en 1985, nous avons réalisé 200 opérations financières, des introductions en Bourse, des augmentations de capital ou des sorties de cote. Actuellement, nous suivons 80 dirigeants d’entreprises au fil de l’année et nous occupons une position leader sur le marché de l’introduction en Bourse des PME.
Quel est le visage des entreprises cotées en Bourse en région Paca ?
Nous recensons 21 entreprises cotées en Bourse en région, comme le groupe ID Logistics (42 000 collaborateurs, CA 2024 : 3,3 Md€), le varois Pizzorno Environnement (CA 2024 : 273 M€), spécialiste de la gestion des déchets, la biotech aubagnaise Sartorius Stedim Biotech (CA : 2,78 Md€) ou encore, pour les plus récentes, introduites en 2021, la PME marseillaise Enogia (60 collaborateurs, CA 2024 : 8 M€), spécialiste de la réutilisation de la chaleur fatale ou la medtech aixoise Affluent Medical. La valorisation cumulée de ces entreprises atteint plus de 21 milliards d’euros, elles réalisent un chiffre d’affaires médian de 38 millions d’euros et emploient près de 68 000 salariés.
Les biotechs pèsent à hauteur de 19 % des entreprises cotées en région, une caractéristique forte de Paca, alors qu’en Aura, l’industrie est bien plus importante.
La cotation en Bourse est-elle un levier de développement privilégié en région Paca ?
La région Paca représente 5 % des sociétés cotées en France, derrière l’Île-de-France (56 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (13 %), berceau historique du second marché. La région compte quelques belles réussites d’entreprises cotées, néanmoins la dynamique est moins présente qu’ailleurs.
Comment l’expliquez-vous ?
Il y a toujours une explication liée à l’expérience : les dirigeants parlent entre eux et ce partage constitue un formidable vecteur de développement pour la cotation, comme nous avons pu l’observer à Montpellier ou Grenoble. Lorsqu’il n’y a pas eu d’introduction depuis longtemps, cette option n’est pas abordée par les dirigeants.
Qu’apporte l’introduction en Bourse ?
Elle offre les capacités financières pour réaliser de la croissance organique, mais aussi des opérations de croissance externe. Par ailleurs, lorsqu’une entreprise a une trajectoire de développement régulière, il est souvent plus facile de lever rapidement de l’argent. La Bourse offre la capacité à faire grandir une entreprise sur le long terme tout en conservant son indépendance, alors que les fonds d’investissement, comme le private equity, accompagnent une entreprise quatre ou cinq années.
Si le dirigeant veut inscrire le développement de son entreprise dans la durée, la Bourse est une piste de financement à regarder, car elle offre une vraie latitude.
L’introduction en Bourse pour une PME a d’autres avantages : elle offre de la visibilité en termes de recrutement, elle permet de recevoir davantage de propositions d’opérations de croissance externe, elle facilite aussi la relation bancaire.
Une démarche d’introduction en Bourse prend-elle du temps ?
En général, une introduction requiert 6 à 12 mois de réflexion et une fois le mandat signé, il faut compter six mois supplémentaires.
Quelles sont les perspectives en région Paca ?
Chez Portzamparc, nous avons identifié 600 valeurs en France, susceptibles de venir en Bourse d’ici deux à trois ans. Il s’agit de clients de BNP Paribas, de sociétés du programme ETIncelles (Travel Planet, Sofia Cosmétiques sur la Côte d’Azur, les parfums Corania à Marseille), qui cochent pour nous toutes les cases, les start-up du French Tech 40/120 (ImCheck Therapeutics à Marseille), identifiées par l’État français comme étant capables de devenir des leaders de leurs marchés. Il y a aussi toutes les entreprises qui sont soutenues par France 2030 ou encore toutes celles, dont les dirigeants ont suivi IPOready, un programme d’initiation aux marchés financiers organisé par Euronext pour les entreprises innovantes. Il y en a en région Paca et des discussions ont été engagées avec deux d’entre elles.