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La nouvelle filiale américaine de Lhers démarre sa production
Toulouse # Aéronautique et spatial # Implantation

La nouvelle filiale américaine de Lhers démarre sa production

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Sous-traitant de l’aéronautique, le toulousain Lhers démarre en septembre son activité sur le sol américain. Une étape clé pour cette PME en forte croissance, qui va bénéficier d’un apport de 2 millions d’euros de Bpifrance.

En croissance, Lhers suit un rythme d’une quinzaine de recrutements annuels — Photo : Laure Dedieu

Sous-traitant de l’aéronautique, Lhers n’en finit plus de prendre de la hauteur (CA 2024 : 5,5 M€, 60 salariés). Cette PME basée à Aucamville, dans l’agglomération toulousaine, a aligné quatre exercices avec un taux de croissance moyen de 35 %. Elle ambitionne d’atteindre 7,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et 12 millions en 2028. Lorsqu’Olivier Geysels, son dirigeant, l’a reprise en 2015, elle ne comptait que quatre salariés.

Olivier Geysels a repris Lhers en 2015 après une première expérience de dirigeant de PME, et une carrière dans l’usinage — Photo : Marie Begue

Déjà 30 % exportés aux États-Unis

L’entreprise spécialisée dans les pièces mécaniques de précision pour les grands comptes de l’aéronautique (40 %), du spatial (25 %) et de la défense (25 %), va franchir un cap supplémentaire, non loin de Cap Canaveral, le centre spatial de Floride. En 2024, elle a implanté là-bas sa filiale américaine Lhers LLC. "Notre client Airbus US nous a sollicités pour produire sur le territoire américain", explique le président Olivier Geysels. D’autres clients, comme Safran, Beyond Gravity, etc. affichent le même intérêt. L’une des raisons est que le gouvernement américain conditionne ses subventions pour certains programmes : il souhaite des retombées économiques locales. Pour Lhers, qui exporte 30 % de sa production aux États-Unis (dont 90 % pour le spatial), cette initiative fait sens.

Difficile recherche de financements

N’ayant pas trouvé à racheter d’entreprise sur place, le dirigeant a donc commencé avec un bâtiment vide, de 500 m2, à Titusville. Les machines livrées en août vont permettre un début d’activité en septembre. Olivier Geysels aura peiné plus d’un an à trouver des financements. "Les banques américaines ne voulaient pas prêter parce que nous n’étions pas Américains et que l’entreprise est nouvelle. Les banques françaises rechignaient parce que nos machines partaient aux États-Unis". Une solution s’est finalement dessinée avec Bpifrance, le Crédit lyonnais et le CIC.

Pilotées par Olivier Geysels, trois personnes de Toulouse, dont un responsable de site, vont assurer cette mise en route. Douze embauches sont envisagées d’ici fin 2026, pour atteindre une trentaine d’ici 2028 et un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros.

2 millions d’euros pour appuyer la croissance

Pour appuyer son développement, Lhers vient d’obtenir un soutien de deux millions d’euros de Bpifrance, opération qui s’accompagne d’une entrée symbolique au capital de l’entreprise. "Nous avons appris seulement la veille du salon du Bourget que ce fonds de soutien au fonctionnement des PME se terminait le 22 juillet. Nous avons eu 24 heures pour valider la lettre d’intention et trois semaines pour boucler ce dossier", rapporte le dirigeant. Le jeu en valait la chandelle : "Bpifrance est un partenaire prestigieux qui privilégie la vision à long terme à la rentabilité à court terme", apprécie-t-il. Bien qu’utile pour l’aventure américaine, cet apport financier visera principalement à soutenir la croissance à Toulouse, dont les besoins en équipement de production (automatisation, etc.) et en personnel (formation, etc.) iront croissant. L’objectif affiché est un doublement de la production en trois ans.

Des locaux deux fois plus grands

Déjà, les équipes toulousaines ont déménagé il y a un an dans des locaux deux fois plus grands, passant de 1 500 m2 de bâtiments à 3 000 m2, à proximité. Pour conduire ce site, Olivier Geysels peut compter sur son nouveau directeur général, Carlos Perez. Ingénieur entré dans l’entreprise il y a cinq ans, il exerce ses nouvelles fonctions depuis le printemps 2025. Il a pris une participation de 10,5 % au capital (pour 89,5 % à Olivier Geysels et une part pour Bpifrance).
En 2024, l’activité a été tirée par la demande du secteur militaire liée au contexte géopolitique, et du secteur spatial (constellations). La PME suit un rythme d’une quinzaine de recrutements annuels (18 en 2024, 12 en 2025).

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