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La miroiterie mancelle Grav’Or veut faire briller son savoir-faire à l’étranger
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La miroiterie mancelle Grav’Or veut faire briller son savoir-faire à l’étranger

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Spécialisée dans la gravure, le sablage et le laquage du verre, la PME mancelle se positionne de plus en plus dans le secteur du luxe. Une orientation qui lui a permis de consolider son activité. Et qui lui ouvre des portes à l’international où les ambitions sont désormais affichées.

Isabelle Ratiskol dans le showroom de Grav'Or au Mans, qu'elle dirige depuis 2014 — Photo : Frédéric Gérard

L’année 2024 se révèle brillante pour Grav’Or. La miroiterie du Mans a obtenu le label "Atelier d’art de France". Elle a reconfiguré son site internet et sa boutique en ligne pour être plus visible à l’étranger. Et livré ses premières réalisations dans des hôtels en Turquie, où la PME mène encore un projet d’aménagement intérieur dans un duplex de très haut de gamme. L’entreprise aux vingt-deux salariés est spécialisée dans la gravure, le sablage et le laquage du verre pour réaliser des pièces sur-mesure, de manière industrielle ou à la main. Et son chiffre d’affaires 2024 devrait retrouver "un niveau proche de celui de 2019, entre 4 et 5 millions d’euros".

Viser 20 % à l’export

"L’international aujourd’hui ne pèse que 5 % de notre chiffre d’affaires. L’objectif à cinq ans est que cela représente 15 à 20 %", indique la dirigeante Isabelle Ratiskol. Des projets ont été menés à Singapour, Saint-Barthélemy ou encore Saint-Martin. Mais les cibles prioritaires sont Londres et Dubaï, aux Émirats arabes unis.
"Les Émirats arabes unis se situent au carrefour entre l’Asie et les pays arabes
, une région où ce qui se fait est très regardé. On est sur de la décoration intérieure de très haut de gamme, avec une recherche des savoir-faire français", commente Isabelle Ratiskol. La dirigeante vise aussi la Turquie donc, et les États-Unis, où l’entreprise est en phase d’identification des goûts et styles, et des habitudes de la clientèle locale. Le plus dur étant de mettre un pied dans la porte. "Il y a beaucoup d’observations entre les différents acteurs du petit monde du luxe. Une fois que nous sommes présents dans un pays avec une belle réalisation, c’est plus facile de recevoir d’autres commandes", commente Isabelle Ratiskol.

Des clients de prestige

En France, la PME a des clients à Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille… Mais son activité se concentre beaucoup en Sarthe et de façon plus importante à Paris. Ce qui limite les risques liés au transport des pièces en verre. Grav’Or a déjà œuvré pour l’aménagement de sièges sociaux (L’Oréal, etc.), d’hôtels et palaces, d’appartements de standing, de boutiques de luxe pour lesquelles l’entreprise peut faire valoir son savoir-faire dans la composition de pièces en volumes, comme des cloches en verre. C’est le cas chez le joaillier Chaumet à Paris et pour l’ensemble des boutiques du couturier Marc-Antoine Barrois à Paris et Londres.

L'atrium en verres bombés, gravés et laqués de l'Hôtel Villeroy à Paris. L'une des réalisations qui font la fierté de Grav'Or et de sa dirigeante. — Photo : Gravor

Grav’Or n’a "pas de partenariats", mais peut réaliser des séries. Ce fut le cas pour le merchandising officiel des 100 ans des 24 Heures du Mans. "Certaines pièces ont été gravées et façonnées à la main", présente fièrement Isabelle Ratiskol. L’entreprise produit aussi des plaques de finition pour poignée de robinet en verre gravé pour le fabricant de robinetterie haut de gamme THG. "Ce sont nos plus petites pièces, d’un diamètre de 52 millimètres", précise la dirigeante. Les plus grandes parois ou cloisons murales peuvent, elles, faire 3,5 mètres de haut par 1,4 mètre de large sur une épaisseur de verre de 19 millimètres. Parmi les projets dans les tuyaux, il y a aussi un habillage intérieur dans le dernier né de la série MSC Cruise de l’armateur italo-suisse sorti des chantiers de Saint-Nazaire – le paquebot Asia de 330 mètres de long.

Sortir des bureaux

Isabelle Ratiskol a repris l’entreprise en 2014. La miroiterie était lors en redressement judiciaire et "ne travaillait que pour le tertiaire" retrace la dirigeante. Cloisons et décorations murales sont toujours au catalogue, le tertiaire représentant encore "50 à 60 % de l’activité". Mais l’un des premiers objectifs de la repreneuse a été d’élargir son vivier de clients potentiels pour trouver de nouveaux marchés, dans la décoration et le luxe. La dirigeante a pour cela recruter des savoir-faire, dans le dessin, la création et le travail à la main (bouchardage, gravure, coupe, peinture, etc.). L’entreprise a alors dépassé les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019. Remarquée, Grav’Or a été retenue pour la grande exposition du Made in France en 2020 à l’Élysée.

Des clients en cuisine

Les conséquences de cette vitrine nationale ne se sont pas fait sentir. Le Covid s'est ensuite imposé à tous. "Nous avons perdu 3 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette période. Mais nous en avons profité pour imaginer de nouvelles créations, avec de nouvelles matières naturelles", précise la dirigeante. Terre, poudre de cacao, épices, etc., donnent ainsi au verre des couleurs uniques.

Et ces produits sont très appréciés d’un nouveau type de clientèle : les particuliers. "Des habitants du Mans, pour une crédence souvent", cite en exemple la cheffe d’entreprise. "Des produits qui séduisent aussi des entreprises pour leur coin cuisine, rapporte encore Isabelle Ratiskol. Aujourd’hui, les manières de travailler, avec le télétravail notamment, font qu’on livre moins de grands et beaux bureaux, mais les employeurs soignent leurs espaces collectifs : il faut que les salariés s’y sentent bien."

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