Sous l’impulsion de son président Sébastien Lacaze (fondateur de Lookup Geoscience) élu en juin 2024, la French Tech Méditerranée (French Tech Med, 250 adhérents) dévoile un copieux plan d’actions pour 2025. Dédiée à l’accompagnement et à l’internationalisation des start-up et entreprises innovantes de l’Hérault et du Gard, l’association réaffirme sa mission de "fédérer la communauté", dans un climat troublé par les débats sur le projet de budget, où des aides telles que le Crédit Impôt Recherche pourraient être rabotées.
Une radiographie devenue stratégique
La French Tech Med annonce d’abord la création, au cours du premier trimestre 2025, d’un observatoire de l’écosystème local. Il sera réalisé sur la base de datas anonymisées en partenariat avec divers acteurs tels que la Banque de France, l’Urssaf et la DGFIP. L’association dispose déjà de chiffres (70 % des adhérents travaillent avec un laboratoire de recherche, 60 % veulent exporter), mais veut aller plus loin dans la collecte et l’analyse de ces données. "Pour peser dans le débat sur le projet de loi de finances, on doit connaître et faire connaître nos forces mais aussi les flux économiques qu’elles génèrent sur le territoire, en termes d’emplois créés, de salaires versés, etc.", justifie Sébastien Lacaze.
Des filières en forte croissance
Par ailleurs, la French Tech Med prévoit de lancer des actions ciblées sur des filières fortes telles que la medtech/santé et la deeptech (start-up porteuses d’innovations de rupture, souvent issues de la recherche). Elle veut y rajouter la sportech, en forte émergence dans le sillage de MedVallée, même si la dynamique prédatait la création du pôle d’excellence montpelliérain en santé globale. Elle va ainsi multiplier les ateliers avec les sportifs professionnels qui donnent leurs retours d’expérience et signer de nouveaux partenariats avec des acteurs clés de ce marché. "Nous souhaitons identifier les besoins spécifiques de la sportech et promouvoir les innovations qu’elle porte", résume Sébastien Lacaze.
Créer de nouvelles opportunités de marché
En juin dernier, l’élection du nouveau bureau a convaincu la quasi-totalité des groupes et ETI partenaires de la French Tech Med de renouveler leur adhésion. Parmi ces acteurs clés figurent, entre autres, Dell, EDF, Enedis, EDF, Orange, SFR, SLB ainsi que les grandes banques régionales. L’association veut s’appuyer sur cette communauté pour favoriser l’accès au marché des start-up. Cela passera par des rendez-vous BtoB ou de l’accompagnement en business-développement assuré par ces partenaires. "Les grands groupes ont parfois du mal à innover. À nous de leur proposer des POC (preuves de concept, NDLR) ou des prototypes, tout en restant à leur écoute car nos solutions ne sont pas toujours intégrables telles quelles", souligne le président. La French Tech Med s’inspirera ici du dispositif national "Je choisis la French Tech", qui vise à doubler les commandes publiques et privées auprès des start-up d’ici 2027.
À la rencontre des financeurs européens
Enfin, "pour mieux acculturer les start-up à la levée de fonds", la French Tech Med, qui travaille déjà avec Bpifrance, va engager d’autres actions comme la mise à jour de sa cartographie financière ou des ateliers de préparation au pitch. En 2025, elle veut aussi améliorer l’accès aux financements européens en exploitant l’expérience de son secrétaire Arnaud Ioualalen, qui siège en tant que dirigeant de Numalis dans divers comités et commissions de travail de ce niveau. "Il y a des milliards d’euros d’aides fléchées sur l’innovation ou la transition écologique. C’est souvent une affaire de consortium, et il faut donc que les start-up connaissant les méthodes pour les intégrer", affirme-t-il. Dans cette optique, la French Tech Med projette déjà, en 2025, d’organiser une mission à Bruxelles pour aller à la rencontre des grands financeurs européens.