Cuddl’up tente l’aventure américaine. La jeune pousse niçoise, spécialisée dans les solutions logicielles et matérielles permettant aux restaurateurs de digitaliser l’ensemble du parcours clients, de la prise de commande à l’encaissement, fait en effet partie des six Food Tech françaises sélectionnées début mai parmi une centaine d’autres pour s’envoler outre-Atlantique et participer au programme d’accélération Food Tech Lab de Business France. L’objectif : « Gagner dix ans sur notre roadmap », sourit Marc de Gibon, son dirigeant. Lequel, du 4 au 11 juin, enchainera donc workshops et rencontres qualifiées avec des juristes, avocats, entrepreneurs et investisseurs américains avant d’exposer sa solution sous le pavillon France du salon Futur Food Tech de New-York.
Mettre les bouchées doubles
Fondée en 2015, Cuddl’up s’adresse aux restaurateurs indépendants et franchisés avec une solution globale mixant mobiliers tactiles connectés (tables ou tablettes), appli mobile et solution logicielle de gestion qui, combinée à un programme d’intelligence artificielle, permet de faire des propositions ciblées selon le profil de l’utilisateur. Résultat : « En personnalisant l’expérience, on travaille sur la satisfaction client et, de fait, sur le chiffre d’affaires généré qui progresse en moyenne de 28% », revendique le dirigeant. À ce jour, une cinquantaine de tables connectées et près de 250 tablettes ont été expérimentées et déployées en France dans des restaurants Hippopotamus, Max à Table et McDonald’s, ainsi qu’en Espagne via le groupe hôtelier Melia. Et Cuddl’up d’annoncer un chiffre d’affaires 2016 de 180.000 euros, qu’elle entend bien tripler d’ici à la fin de l’exercice en cours. Car depuis qu’elle a fait pivoter, en novembre 2016, son modèle économique, les choses s’accélèrent. « On s’est rendu compte que l’investissement de départ constituait un vrai frein, notamment pour les indépendants. Nous avons donc fait le choix de prendre le risque pour eux en nous rémunérant uniquement à la performance », explique-t-il. Bonne pioche. Ce modèle, « particulièrement séduisant pour les Etats-Unis », aurait d’ailleurs « fait pencher la balance en notre faveur ». Dont acte.
Levée de fonds en préparation
« L’Amérique, c’est l’eldorado pour les Food Tech avec un marché estimé à 51 milliards de dollars par an », reprend Marc de Gibon. Autre indicateur alléchant : en 2016, le pays de l'Oncle Sam a investi 2 milliards de dollars dans les Food Tech, ce qui le classe à la première place en termes de deals conclus. De quoi aiguiser l’appétit de la jeune pousse niçoise. Qui cherche justement à lever, d’ici à la fin de l’année, environ 2 millions d’euros pour recruter et structurer une équipe commerciale et renforcer son équipe technique. « On vise les 3 000 à 5 000 clients restaurateurs dans les trois ans ».