À l’occasion du salon de l’élevage de Rennes (SPACE), début septembre, le groupe bretillien Okwind (82,5 M€ de CA en 2023, 100 M€ visés en 2024, 237 employés) a dévoilé son plan pour une nouvelle voie de l’énergie : l’autoconsommation collective. "La création de boucles énergétiques, où l’énergie est produite, stockée et utilisée localement, permet de redonner à chacun le pouvoir de gérer sa propre consommation", appuie le groupe dirigé par Louis Maurice. Avec plus de 4 700 installations sur tout l’Hexagone (pour le secteur agricole en premier lieu), le fabricant de trackers solaires est un poids lourd en Bretagne d’une filière qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
255 entreprises actives au sein de la filière
Selon une étude récente de l’Observatoire des Énergies Renouvelables (Observ’Er), la Bretagne présente un tissu de 255 entreprises réparties sur l’ensemble des maillons d’activité du secteur. Si un pôle fort de compétences se dégage sur la conception et l’exploitation des sites (bureaux d’étude et développeurs de projets), la partie industrielle (fabrication d’équipements) n’est pas absente pour autant. "L’énergie solaire n’est pas foncièrement associée à la Bretagne, pourtant la région a des acteurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ça a été une vraie surprise", constate Frédéric Tuillé, responsable de l’étude. En termes d’indicateurs socio-économiques, 1 830 emplois directs sont dénombrés pour un chiffre d’affaires du secteur évalué à 529 millions d'euros. L’activité régionale s’organise autour d’un pôle territorial fort, l’Ille-et-Vilaine, qui pèse pour 54 % des emplois et 69 % du chiffre d’affaires régional.
Dynamique de croissance
La filière bretonne du photovoltaïque est sur une dynamique de croissance et cela va s’accélérer. Dans son Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), la Région Bretagne affiche en effet son intention de dynamiser le parc électrique solaire breton, avec la volonté d’atteindre une production de 1 890 MWc à fin 2030, contre 465 MWc en juin 2023. "Les grands axes de développement, ce sont les toitures des bâtiments tertiaires et les particuliers", pointe Frédéric Tuillé. Seule ombre au tableau, la liquidation de l’usine costarmoricaine Recom Sillia, au printemps 2024, dont sortaient des panneaux photovoltaïques "made in France". Une perte de souveraineté, et 32 emplois perdus, qui ne contrecarreront pas un mouvement puissant en marche au sein de la filière.