D’ici 2035, la filière du nucléaire aura besoin de recruter 100 000 personnes, en équivalent temps plein (ETP). La dernière mise à jour de Match, l’outil de suivi sur les besoins en recrutement de la filière, publié par le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (Gifen), révèle "les impacts concrets de la relance du nucléaire" dans les 1 830 entreprises du secteur.
Cette "relance du nucléaire" s’est officialisée en juin dernier, avec la signature d’un nouveau contrat stratégique par le gouvernement. Il vise à prolonger les réacteurs existants au-delà de 50 ans puis 60 ans et à construire six réacteurs EPR2 (réacteur pressurisé européen).
Des recrutements liés à la croissance et aux départs
L’analyse prévoit une hausse de 30 % des achats sur les cinq ans à venir avec "des pics de charge en 2026 puis vers 2032". Ces pics de charge "illustrent notamment la montée en puissance du programme EPR2 puis le lancement du programme Aval du Futur" dédié au traitement au recyclage des combustibles nucléaires.
La moitié des recrutements permettra de répondre à cette croissance d’activité et l’autre moitié au renouvellement des départs en retraite ou vers d’autres secteurs.
10 000 ETP recrutés par an, surtout chez les techniciens et les ingénieurs
Concrètement, la filière espère recruter 10 000 ETP par an en moyenne. Les techniciens, diplômés du CAP au Bac + 3, vont représenter deux tiers de ces recrutements, selon le Gifen. Le groupement cite des métiers comme les techniciens de maintenance, les coffreur-brancheurs et les ferrailleurs. Le secteur aura aussi besoin d’ingénieurs pour des métiers de chef de projet (risk manager, contrôle de gestion) et d’ingénieur mécanicien.
Les métiers du génie civil, un segment sur lequel le volume d’achat "devrait plus que doubler dans les 10 ans à venir", vont être particulièrement concernés, avec un besoin en effectif qui pourrait tripler. D’autres métiers seront "à croissance différée", notamment sur le segment électricité. Dans ce domaine, les besoins devraient augmenter de 20 % entre 2028 et 2032.
"L’offre de formation existe et les candidats sont de plus en plus nombreux"
Pour répondre aux besoins importants, "l’offre de formation existe et les candidats sont de plus en plus nombreux", selon le Gifen. L’Université des métiers du nucléaire a par ailleurs mis en place un site web dédié sur les métiers du secteur et un effort particulier sera fait "pour mieux orienter les candidatures vers les PME/ETI et les métiers en tension".