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La Collectivité européenne d’Alsace maintient le cap au sujet de la future taxe poids lourds R-Pass
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La Collectivité européenne d’Alsace maintient le cap au sujet de la future taxe poids lourds R-Pass

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Fustigé par les acteurs du monde économique alsacien, le projet de taxe poids lourds R-Pass a été dévoilé ce mercredi 11 septembre à la presse par la Collectivité européenne d’Alsace dans la perspective d’une mise en œuvre début 2027. Sa future instauration suscite encore de nombreuses interrogations.

Frédéric Bierry, président de la CeA, a dévoilé les contours du futur R-Pass ce mercredi 11 septembre à Strasbourg — Photo : Fabrice Voné

Deux jours après avoir dévoilé l’étude d’impact économique de la taxe poids lourds alsacienne R-Pass aux acteurs économiques, Frédéric Bierry a défendu, mercredi 11 septembre, la position de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) sur ce dossier, qui est loin de faire l’unanimité auprès des décideurs locaux. Lors de sa conférence de presse de rentrée, le président (LR) de la CeA a ainsi confirmé les informations révélées la veille par Le Journal des Entreprises ainsi que le calendrier devant conduire à l’instauration du R-Pass pour janvier 2027 alors que son principe sera soumis au vote des élus lors de la séance plénière du 21 octobre.

"Nous ne pouvons pas rester une variable d’ajustement du trafic européen"

"Nous ne pouvons pas rester une variable d’ajustement du trafic européen", a-t-il martelé devant la presse. Le président de la CeA prône "la sécurité et la fluidité du trafic" tout en se référant à la LKW Maut.

L’impact de la taxe allemande

Cette taxe allemande a été instaurée en 2005 sur le trafic poids lourds, qui congestionnerait les principaux axes routiers de ce côté-ci du Rhin. Le tarif de la LKW Maut a augmenté de 80 % en décembre 2023, ce qui se traduit, selon les décomptes effectués par les équipes de la CeA sur le premier semestre 2024, à une hausse de 18 % du trafic poids lourds sur l’A35 et l’A36 qui relient l’Alsace du nord au sud. 50 % de ce trafic serait alloué au transit, ce que contestent les transporteurs alsaciens qui dénoncent "un rapport biaisé".

L’Union TLF monte au créneau

Ces derniers ont reçu hier le soutien de l’Union TLF qui conteste "l’étude d’impact économique (réalisée par le cabinet Deloitte, NDLR) et rappelle, dans un communiqué, sa ferme opposition à cette taxe. L’organisation professionnelle représentant l’ensemble des métiers de la chaîne du transport et de la logistique affirme que "l’étude sous-estime gravement l’impact économique de la taxe", laissant entendre que "le rapport contient de nombreuses informations erronées ou manifestement orientées pour parvenir à une conclusion prédéfinie". Celles-ci pourraient sensiblement mettre à mal les circuits courts tout en affectant la compétitivité des entreprises, entraînant par ailleurs un surcoût chez le consommateur.

Des modalités qui resteront à définir après le vote des élus

De son côté, la CeA affirme rester ouverte à la discussion. Une rencontre doit avoir lieu le 7 octobre avec les acteurs du monde économique réunis, pour la plupart d’entre eux, au sein du Collectif pour la compétitivité de l’économie alsacienne (CCEA) qui regroupe 21 organisations patronales dont le Medef. Si le principe est acté par les élus réunis en session plénière, le 21 octobre prochain, la collectivité se donnera ensuite le temps d’affiner les modalités du R-Pass sachant que sa marge de manœuvre est réduite. Aussi bien en termes d’exonérations, qui concerneraient essentiellement la filière agricole, voire de contreparties à destination des autres acteurs locaux.

Un contexte politique tendu

À l’étude depuis la fusion en 2021 des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, ce projet relève d’un autre enjeu pour la collectivité qui aspire à l’autonomie et à une sortie de la Région Grand Est. Celui du futur plan Etat-Région qui, selon Frédéric Bierry, "va avoir un impact négatif pour faire face à l’aménagement, l’entretien et le développement du réseau routier alsacien. Alors que nous avions bénéficié de 132 millions d’euros de l’État la dernière fois, on nous propose 13 millions d’euros. On se retrouve avec une peau de chagrin tandis que la Lorraine et la Champagne obtiendraient 160 millions d’euros".

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