Elle a mis du pain sur la planche, Béatrice Rozé ! Dirigeante de l’entreprise familiale de fabrication de pains bio au levain Fagots et Froment, basée en Ille-et-Vilaine, elle a décidé de remettre à plat son organisation et sa stratégie pour préparer sa transmission future. "Même si ce n’est pas pour tout de suite et que l’entreprise n’est pas à vendre, je voulais rendre l’outil transmissible, confie la dirigeante de 55 ans. Au quotidien, il y a toujours plein de choses que l’on délaisse". Pour cela, elle s’est inscrite à un parcours de formation chez Tactique, le collectif rennais qui accompagne les dirigeants dans l’écriture de leur stratégie. "Avec des experts, nous avons mis en place des tableaux de bord précis, des indicateurs, mais aussi structuré les RH et la communication, pour travailler notre image de marque", poursuit Béatrice Rozé.
10 tonnes de pain par semaine
Depuis 2004, c’est elle qui est aux commandes de l’entreprise fondée à Essé par ses parents agriculteurs dans les années 1990. Comme à ses débuts, elle vend du pain au levain sur les marchés, mais avec, aujourd’hui, une équipe de 40 collaborateurs. Deux sites de production à Essé et Pleudihen (Côtes-d’Armor) permettent de produire 10 tonnes de pain bio par semaine, pétris à la main et cuits au feu de bois. Ils partent ensuite à 30 % vers les marchés (sur 30 lieux chaque semaine), à 30 % en GMS et à 30 % en restauration collective, le reste étant vendu en magasins bios par exemple.
Deux entrées au capital
Pour continuer de se développer, Béatrice Rozé a donc travaillé une stratégie à dix ans. "Elle est faite de rêves et d’ambitions, on met le curseur où on veut, estime-t-elle. On peut imaginer d’autres sites de production par exemple." Pour l’aider à faire ses choix et ouvrir le champ des possibles, elle fait entrer deux nouvelles têtes au capital à partir de septembre 2024. Deux salariés de Fagots et Froment : Amandine Douard, responsable administrative, et Gwenhaël Ribault, responsable de production. "Ils rachètent 15 % des parts via la holding", précise la dirigeante. Cela constitue une piste pour la transmission future, qui pourra se faire vers les salariés ou la famille. C’est en avançant que l’on avisera".
Investissement en pâtisserie
C’est avec cette équipe notamment que Béatrice Rozé a écrit sa vision pour les prochaines années. "Nous réalisons chaque année une croissance d’environ + 10 %, atteignant 2,5 millions d’euros de chiffre d'affaires cette année (clôture d’exercice au 30 septembre, NDLR), indique la dirigeante. Nous voulons continuer de croître dans nos trois secteurs. Nous prévoyons donc de faire quatre marchés de plus en 2025. En GMS, nous allons développer une gamme de gâteaux bio, comme le fondant au chocolat, le kouign aman, le gâteau breton, etc." Des pâtisseries que Fagots et Froment a commencé à faire à la demande de la Ville de Rennes, pour ses cantines. "Nous venons de remporter un appel d’offres et avons d’ailleurs investi 150 000 euros pour augmenter cette production de gâteaux. En fabriquer pour la GMS va nous permettre d’amortir cette somme." Pour atteindre ses objectifs, Fagots et Froment recrute deux commerciaux en alternance pour la GMS et la filière Drive. Et pour gagner en productivité sur la partie boulangerie, elle investit 50 000 euros dans une trancheuse à pains italienne unique.