Pyrénées-Orientales
La Banque Populaire du Sud lance sa banque d’affaires
Pyrénées-Orientales # Banque # Stratégie

La Banque Populaire du Sud lance sa banque d’affaires

S'abonner

Face à la morosité ambiante, la Banque Populaire du Sud se dote d’un nouveau plan stratégique à l’horizon 2030, affichant une centaine d’actions. L’une des plus fortes est la création d’une banque d’affaires, dédiée aux ETI et futures ETI occitanes.

Directeur général de la Banque Populaire du Sud, Cyril Brun (à gauche) présente une stratégie 2025/2030 riche de 100 actions — Photo : Anthony Rey

En 2024, la Banque Populaire du Sud (BPS, 2 178 salariés, 250 agences), basée à Perpignan (Pyrénées-Orientales), a accordé 1,2 milliard d’euros (+ 6,5 %) de crédits aux entreprises et professionnels d’Occitanie, battant son précédent record. Mais dans une conjoncture régionale déprimée, enregistrant 6 000 défaillances d’entreprises (le niveau observé lors de la crise financière de 2008), la banque souhaite amplifier son action pour redynamiser le tissu local. Elle annonce ainsi la création d’une banque d’affaires, dont le nom et les contours seront précisés d’ici juin 2025.

Un modèle en architecture ouverte

Cette banque d’affaires fonctionnera comme un collectif d’expertises dédié à l’accompagnement des PME, mais aussi des ETI régionales. La structure sera interne à la BPS, tout en collaborant avec des partenaires extérieurs tels que Natixis, filiale du groupe BPCE, ou encore la société de gestion Mirova, filiale de la précédente. Elle pourra intervenir dans la structuration des projets de moyen ou long terme d’une entreprise, quelle que soit la modalité : augmentation de capital, dette, fusion-acquisition, transformation selon des critères de type ESG, etc. "Notre volonté est de mettre en place un hub de solutions pour les ETI et futures ETI, qui demandent toujours plus d’expertise. Ce sera un modèle d’architecture ouverte, avec un banquier maître d’ouvrage, qui permettra au chef d’entreprise de rencontrer les bonnes personnes au bon moment, selon ses besoins en termes de financement ou d’accompagnement", décrit Cyril Brun, directeur général de la BPS.

Une inflexion sur l’enjeu de l’eau

Cette annonce est l’un des axes forts du nouveau plan stratégique, annoncé par la BPS, pour la période 2025/2030, succédant au plan antérieur qui couvrait la séquence 2022/2024. Riche d’une centaine d’actions, il prévoit notamment d’accélérer la spécialisation des expertises apportées à certaines filières clefs de l’économie occitane, telles que l’hôtellerie de plein air (avec un pôle dédié créé en 2024) ou l’agri/viticulture. Sur le volet du développement durable, la BPS s’appuie sur la Banque des Transitions Énergétiques, créée en 2021, qui a accordé 156 millions d’euros de prêts en 2024 (contre 110,3 millions en 2023). "Nous ferons de l’eau l’une de nos grandes causes d’ici 2030. Nous agirons classiquement comme financeur et investisseur, en mobilisant jusqu’à 9 millions d’euros en capital-investissement. Mais nous sortirons aussi de ce rôle en faisant de la pédagogie sur les bons usages de l’eau, ou en facilitant les rencontres entre les professionnels et les start-up créatrices de solutions sur le sujet", annonce le directeur général de la banque qui, par ailleurs, va réduire sa propre empreinte carbone de 30 % d’ici 2030.

La place centrale des agences

Sur son exercice 2024, la BPS a généré un produit net bancaire (chiffre d’affaires) de 393,8 millions d’euros, assez stable (- 0,5 %) sur un an. Elle a conquis plus de 29 000 nouveaux clients, dont 4 000 créateurs d’entreprises. La banque a financé 34 000 projets pour un total de 2,1 milliards d’euros : à côté des crédits professionnels évoqués ci-dessus, les prêts au secteur immobilier s’affichent en baisse (- 28 %), avec 658 millions d’euros. "Le secteur est impacté par la baisse des transactions", estime Cyril Brun. Lequel voit toutefois poindre des signes de reprise, avec un volume de prêts immobiliers en hausse de 75 % sur la période janvier/février 2025.

Globalement, la BPS s’organise pour être réactive dans cette période d’incertitude. En 2023, elle s’est dotée de Sud Services Accompagnement (8 salariés), une structure visant à réarranger les prêts d’une entreprise au moindre signe d’essoufflement. Dans le cadre de son plan 2030, elle déploie un outil d’intelligence artificielle (IA) dans son réseau d’agences, afin de simplifier la vie de ses conseillers. "Il nous permettra de gagner 20 % de temps en plus pour le conseil ou la productivité commerciale. L’agence restera un lieu créateur de liens, plébiscitée par 80 % de nos clients", promet Cyril Brun.

Pyrénées-Orientales # Banque # Services aux entreprises # Stratégie # RSE