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La Banque Populaire du Sud s’affiche en croissance dans un climat incertain
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La Banque Populaire du Sud s’affiche en croissance dans un climat incertain

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Avec un produit net bancaire à la hausse en 2025, la Banque Populaire du Sud résiste au ralentissement économique. Elle renforce ses outils d’investissement, son expertise sectorielle et l’appui technologique à ses conseillers pour l’année à venir.

Le directeur général Cyril Brun expose les priorités de la Banque Populaire du Sud en 2026 — Photo : BPS

Malgré un contexte toujours plus imprévisible (incertitudes sur le budget 2025, guerres en Ukraine et en Iran), la Banque Populaire du Sud (BPS, 250 agences, 2 160 salariés), basée à Perpignan (Pyrénées-Orientales), affiche une résilience certaine. Elle dévoile un produit net bancaire 2025 (chiffre d’affaires) de 425,9 millions d’euros (+ 8,2 %), "le plus élevé de notre histoire" selon le directeur général Cyril Brun.

Les investisseurs résistent

Ces performances s’expliquent notamment par une solide conquête commerciale en 2025 : la BPS gère à ce jour 580 000 clients, dont 25 000 comptes nouvellement ouverts. De même, la production de crédits se monte à un milliard d’euros (+ 53 %) en matière d’immobilier, et bat un autre record avec 1,3 milliard d’euros octroyés aux professionnels et aux entreprises (+ 21 %) sur la même période. "L’Occitanie a connu 6 100 défaillances d’entreprises en 2025, contre 5 900 en 2024. C’est un mauvais chiffre, mais notre conviction est qu’il ne faut pas en faire une lecture universelle. Beaucoup d’entreprises restent proactives et veulent continuer à investir, pour renouveler leurs équipements ou pour innover. Nous descendons dans le détail de chaque dossier afin de les accompagner", analyse Cyril Brun.

Priorité au conseil sur-mesure

En 2026, les oracles ne se montrent guère plus cléments : l’INSEE annonce un taux de croissance plutôt faible (0,8 %) en France, tandis que le groupe BPCE, où la BPS est affiliée, prévoit 69 000 défaillances d’entreprises (contre 61 000 en 2025). La banque régionale veut néanmoins garder son cap, prévoyant de reconduire son volume de crédits immobiliers (1 Md€) et de maintenir "à plus d’un milliard d’euros" les crédits aux entreprises. "Dans une période marquée par une suite de chocs, le conseil sur-mesure sera déterminant. Il faut agir toujours plus en proximité pour dire quelles sont les meilleures opportunités d’investir", poursuit Cyril Brun.

Une expertise décentralisée

Ainsi, si le réseau de la BPS reste stable avec 250 agences, la banque programme 3 créations d’agences spécialisées sur le segment agriculture/viticulture. Employant chacune de 5 à 6 conseillers experts, elles couvriront respectivement les zones des Pyrénées-Orientales, de l’Hérault/Lozère et du Gard/Ardèche. Cette initiative prolonge la création, en 2025, d’une première agence de ce type opérant en Aude/Ariège. "L’agriculture-viticulture est un secteur souvent présenté en difficulté, mais c’est le moment de miser sur lui. Il répond à lui seul aux enjeux d’aménagement du territoire et de souveraineté alimentaire", estime Sébastien Baggio, directeur des marchés de proximité à la BPS.

Sud Croissance monte en puissance

De même, la BPS prévoit d’accélérer son action en termes de capital-investissement, et fait évoluer son arsenal en ce sens. En 2025, elle a doublé le capital (7 M€) de son fonds dédié à l’économie bleue, Sud Mer Invest. En 2026, elle prévoit de tripler ses investissements (35 M€) dans les PME en croissance à horizon 2030. "Nous avons pour cela un outil dédié, Sud Croissance, dont nous venons de récupérer la pleine propriété (jusqu’ici partagée avec la Banque Populaire Occitane, qui couvre l’ex Midi-Pyrénées, NDLR). Nous la renforçons avec le recrutement de 2 directeurs d’investissement", annonce Benoît Viguier, directeur des marchés spécialisés.

L’avènement du "conseiller augmenté"

Enfin, la banque met en avant sa conception de l’intelligence artificielle (IA), pensée elle aussi comme un moyen d’aller plus loin dans le conseil. Depuis janvier 2026, chacun de ses conseillers est muni d’un outil d’IA pilotant ses rendez-vous professionnels, lui remontant toute information pertinente sur une entreprise avant l’entretien. Il dispose aussi d’un deuxième outil, où l’IA synthétise et archive le contenu de chaque rendez-vous, de sorte à automatiser les relances dans son agenda. "Le volume des comptes rendus fournis à nos conseillers a triplé en quelques semaines seulement", se félicite Cyril Brun.

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