En 2025, le Crédit Agricole du Languedoc (2 800 collaborateurs) a tiré son épingle du jeu sur son territoire (Lozère, Gard, Hérault, Aude), une année globalement meilleure que 2024. Il a géré 35,6 milliards d’euros d’encours de collecte, soit + 3 %. C’est près d’un tiers de parts de marché. Il a enregistré un produit net bancaire de 656,7 millions d’euros (+ 4,3 %) et un résultat net de 176,8 millions d’euros (+ 1 %). Il s’ancre un peu plus localement avec près de 45 000 nouveaux clients pour un total de plus d’un million de clients. La banque se réjouit d’être "le premier assureur du territoire", avec 742 000 contrats.
"Nous réapprenons la géographie."
Las ! Depuis, la guerre au Moyen-Orient a bouleversé l’économie mondiale. "Nous réapprenons la géographie", expose Richard Laborie, directeur général de la caisse régionale. Nous découvrons nos dépendances : les cours du pétrole et produits dérivés en hausse, le commerce maritime perturbé fragilisant les chaînes d’approvisionnement, le trafic aérien mondial affecté, avec des conséquences sur le tourisme, et des marchés financiers volatils. "Ces effets se cumulent et vont impacter notre activité", commente Richard Laborie. "S’y ajoutent les effets indirects, psychologiques, entraînant une perte de confiance" sur des projets de développement, des embauches, ou des départs en vacances.
Le contexte commence à peser et des signaux du ralentissement économique apparaissent. En particulier, les entreprises réduisent leurs programmes d’investissement (hors armement et aéronautique). Les défaillances ont grimpé de + 8,7 % au premier trimestre 2026 et les transmissions-acquisitions ont ralenti.
Les signes restent positifs
"Néanmoins, l’économie résiste. On doit regarder les deux côtés de la médaille", tempère Richard Laborie. "Certes, les entreprises ralentissent, sont attentistes, mais globalement, elles se portent bien. Le contexte nous ralentit dans le rebond, mais on ne descend pas". Les prévisions de croissance sont revues à la baisse, mais cela reste de la croissance. C’est le cas, par exemple, du marché de l’habitat, qui a connu un rebond en 2025 après la difficile année 2024. "En 2026, même si nous ne connaissons pas une accélération rapide, les signes restent positifs".
Sur les 3,5 milliards d’euros de nouveaux crédits octroyés pas la banque, 1,6 milliard d’euros est allé à l’équipement des entreprises, 1,5 milliard d’euros à l’habitat (le rebond est net avec une progression de 41 %) et 400 millions d’euros à la consommation.
Les crédits aux entreprises
Sur le volet Entreprises (1,6 Md€), 600 millions d’euros ont été délivrés aux entreprises de plus de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce chiffre connaît une dégradation depuis trois ans (il était d’un milliard d’euros en 2023). En revanche, les financements dédiés aux professionnels (moins de 3 M€ de CA), aux agriculteurs et aux collectivités sont stables : le premier trimestre 2026 connaît le même niveau que celui de 2025.
Actuellement, le transport routier est le secteur qui connaît les plus fortes tensions. Le bâtiment pourrait vite se trouver affecté par la hausse du coût des matières premières, même si pour le moment, le contexte reste meilleur qu’en 2024.
Le Crédit Agricole du Languedoc prépare le déménagement de son siège, aujourd’hui à Lattes (Hérault) vers la zone Cambacérès à Montpellier. Le futur campus ne sera pas livré avant fin 2028 voire 2029. Quant à l’avenir du site actuel, les discussions avec les élus locaux issus des récentes élections n’ont pas commencé.
Évelyne Guilhem, première femme présidente
La présentation des résultats marquait aussi un baptême pour Évelyne Guilhem, nouvelle présidente de la caisse régionale, élue le 27 mars pour succéder à Daniel Connart. Agricultrice dans l’Aude, Évelyne Guilhem s’est engagée dans les organisations agricoles. Outre son parcours dans les instances locales du Crédit Agricole, elle a notamment été vice-présidente de la Fédération nationale des Cuma, présidente d’Afdi Occitanie, vice-présidente de la chambre d’agriculture de l’Aude. Elle a également été maire-adjointe à Castelnaudary pendant trois mandats.
Parmi les dossiers qu’elle entend conduire pour la banque : poursuivre le renouvellement de la base clients, suivre les enjeux de l’eau sur le territoire ou encore, pour l’activité bancaire, parvenir à une "hybridation entre la relation humaine et l’intelligence artificielle". Évelyne Guilhem est la première femme à présider la structure.