En matière de coiffure, Kraemer est une institution sur la Communauté urbaine de Strasbourg, où l'enseigne compte une douzaine de franchisés. Pourtant elle reste peu connue au niveau national. Elle compte près de trente salons en France... Soit autant qu'en Chine, où Yannick Kraemer, son fondateur et dirigeant vient d'inaugurer le centième salon de son réseau, à Canton. La franchise emploie 750 personnes dans le pays, contre 250 en France... Elle est également implantée en Turquie, Thaïlande, Maroc, Suisse et Espagne. « J'ai lancé mes premiers salons en 2000, indique Yannick Kraemer. J'avais des ambitions de développement mais en France, je faisais face à des mastodontes (tels que Jacques Dessange, auprès duquel il a été formé puis masterfranchisé durant 20 ans, NDLR) déjà bien établis ». Par des rencontres fortuites, l'entrepreneur a l'opportunité d'ouvrir un premier salon au Canada, puis en Chine. « J'ai alors décidé de développer ma marque à l'international avant de l'asseoir en France », explique-t-il. Cette stratégie audacieuse se poursuit, avec des ouvertures programmées au Mexique, au Brésil au Portugal et peut être bientôt en Russie.
Cap sur la France
Yannick Kraemer est aussi aujourd'hui prêt à un développement national. « Le cap des 100 salons est important : on commence à être reconnus par la profession et par nos fournisseurs », pointe-t-il. L'enseigne a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 35 M€ en 2013, dont 40% à l'étranger. « Cela marche parce que les patrons - nos franchisés - sont impliqués financièrement et du côté créatif », estime le dirigeant. Ils sont aussi formés en continu grâce à une équipe de formateurs "volante". Dès que le nombre de franchises devient important dans un pays, une académie est ouverte pour la formation initiale et continue des coiffeurs du réseau. Il y en a déjà trois, à Strasbourg, Murcia (Espagne) et Canton (Chine).
Montée en gamme
Depuis quelques années, le secteur de la coiffure fait face à un certain nombre de difficultés, dans une conjoncture compliquée. « Le chiffre d'affaires des salons stagne, leur rentabilité est fragilisée par l'augmentation des charges », constate Yannick Kraemer. Il faut monter en gamme. Suite à l'ouverture de son premier salon parisien en 2010, le franchiseur a créé la marque Kraemer Paris. « Le savoir-faire français est une référence mondiale. Mais l'image de la France à l'étranger, c'est surtout Paris... Même si notre siège reste à Strasbourg », souligne Yannick Kraemer. La marque s'appuie aujourd'hui sur deux concepts de salons : Kraemer Prestige (très haut de gamme) et Kraemer Paris Signes de Beauté (haut de gamme). L'enseigne a également investi dans le marketing : elle dispose d'un magazine et de produits de soins et accessoires sous sa marque propre. « Notre objectif, c'est d'être un peu le Zara de la coiffure, le luxe abordable », annonce Yannick Kraemer.
Kraemer
(Strasbourg) Yannick Kraemer 1.100 personnes CA 2013 : 35 M€ 03 88 32 92 21