Spécialisée dans la production de l’aérogel de silice à partir de déchets de construction et de démolition dans le but d’en faire un super-isolant, la start-up Keey Aerogel, implantée à Habsheim (Haut-Rhin), annonce une levée de fonds de 18 millions d’euros. Faisant partie de l’accélérateur Néo Startups industrielles de Bpifrance depuis 2023, la deeptech a bouclé ce tour de table auprès du Fonds SPI 2, géré par la banque publique d’investissement Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030, du fonds evergreen WIND, ainsi que de NCITY et de Capital Grand Est, son investisseur historique qui avait déjà contribué, en 2022, à une première levée de fonds de 1,5 million d’euros pour le lancement de son usine pilote au sud de Mulhouse.
Des applications dans le BTP, l’aérospatial ou l’automobile
Ce nouveau financement doit permettre à Keey Aerogel de monter en puissance et de recruter au-delà de ses 12 collaborateurs actuels en vue de devenir le producteur de référence d’aérogel de silice en Europe et le premier fabricant d’aérogel vert au monde après 2030. Considéré comme un isolant thermique de nouvelle génération, à la fois léger et très performant, l’aérogel trouve des applications dans la construction, l’industrie, l’aérospatial et les batteries de véhicules électriques au point de figurer tel un matériau clé en termes de transition énergétique.
Trois brevets pour Keey Aerogel
D’autant que la solution développée depuis 2015 par Keey Aerogel, et qui a obtenu depuis trois brevets, se distingue de l’aérogel traditionnel produit aux États-Unis et en Chine, plus coûteux et plus polluant. "Nous avons développé une méthode de production de façon continue, plus efficace et durable, intégrant un recyclage en circuit fermé de chaque solvant impliqué", indique Francisco Ruiz, fondateur de Keey Aerogel. Actuellement en phase de pré-industrialisation depuis son site de Habsheim, la deeptech fournit de l’aérogel à des clients européens spécialisés dans le secteur de la construction.
L’ambition de construire un réseau d’usines de proximité
Cette levée de fonds de 18 millions d’euros doit permettre la création d’une deuxième usine dédiée à la production d’aérogel, à hauteur de 10 000 m3 par an mais dont la localisation n’a pas encore été définie, avant le développement, à plus long terme, d’un réseau d’usines à proximité des clients finaux. "L’idée est de construire des usines capables de produire de l’aérogel vert à partir de déchets locaux, pour satisfaire la demande en circuit court et ainsi aider à accélérer la transition énergétique", poursuit Francisco Ruiz. "Ce projet incarne une réindustrialisation décarbonée exemplaire pour le Grand Est, plaçant la région à l’avant-garde de l’innovation et de la transition écologique", salue Marc Beekenkamp, directeur de participations au sein de Capital Grand Est et investisseur de Keey Aerogel de la première heure.