Attendue de longue date par les acteurs économiques, le démantèlement de la "jungle" de Calais, le mois dernier, a permis un retour à la normale du fonctionnement du port de Calais et "l’arrivée en toute sécurité des professionnels et des passagers en partance pour le Royaume-Uni", font savoir à l'unisson le Port Boulogne Calais, le Port de Douvres, P&O Ferries et DFDS.
Une baisse de 87% des migrants détectée
« Le démantèlement a eu un impact immédiat sur le fonctionnement du port de Calais. Au cours du dernier mois, le nombre de migrants découverts à bord de véhicules par les services du port a baissé de 87%. Le nombre de camions contrôlés avec des migrants à bord a quant à lui baissé de 87,5%. En d’autres termes, nous contrôlions en moyenne 12 véhicules par jour avec des migrants à bord avant le démantèlement et seulement 12 par semaine depuis », mentionne l'étude post-démantèlement présenté ce jour.
Le traumatisme des attaques sur la rocade portuaire
Les tentatives d’intrusion depuis la rocade vers l’enceinte portuaire ont également fortement chuté avec seulement trois incidents depuis le 28 octobre, date à laquelle de fortes altercations avaient opposé migrants et chauffeurs routiers. « Globalement, les chiffres du port et ceux des autorités démontrent que les tentatives d’intrusion dans camions sont désormais quasiment nulles », précise-t-on au Port de Calais.
Reprise du trafic
« On estime à 9 millions d'euros le manque à gagner, rien qu'en 2016, sur l'activité des transports au port de Calais. Côté fret, le port n'a pas profité de l'augmentation actuelle du trafic qui est de 5-6 % environ. Sur ce marché global, Calais frôle à peine les 1 %. Là où les autres continuent de croître, nous, on perd des clients », disait Jean-Marc Puissesseau, dans nos colonnes, en octobre dernier. Ce constat amer semble désormais loin. L’impact du démantèlement sur le niveau d’activité du port est réel. En année comparable (2015-2016) le trafic fret sur le port de Calais a augmenté de 2,17%, + 8,89% si l’on compare novembre 2016 à novembre 2015. La reprise du trafic de nuit a, elle aussi, augmenté trés nettement avec une hausse de 26%.
Pour Jean-Marc Puissesseau, président-directeur général du Port Boulogne Calais, "le port ne pouvait plus fonctionner correctement avec un camp de migrants si grand et si près du port et nous sommes donc soulagés que son démantèlement soit effectif. Nous avons travaillé dur pour renforcer la sécurité du port mais tout ne dépendait pas de nous. Nous retrouvons désormais un fonctionnement normal et une sécurité parfaitement retrouvée. J’espère maintenant que la confiance de nos usagers sera aussi de retour rapidement."
Ce à quoi Tim Waggott, directeur général du Port de Douvres, ajoute : "L’axe Calais-Douvres est un lien et corridor de transport vital pour le commerce international. 119 milliards de livres sterling de marchandises transitent par le Port de Douvres chaque année dont 75 proviennent du port de Calais. Ce sera toujours le passage le plus court entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale. Il est donc essentiel que cet axe soit sûr et sécurisé pour la mobilité tant des personnes que des biens afin de permettre à nos économies d’aller de l’avant."
Même soulagement à noter pour Pascal Devaux, Port Manager Calais de P&O Ferries, qui a déclaré : "Nous avons accueilli favorablement la fermeture par les autorités françaises du camp de migrants. Nous continuons à travailler étroitement avec le gouvernement français afin de nous assurer le maintien des activités commerciales dans les ports de la Manche." Kasper Moos, directeur général de DFDS Royaume Uni, lui emboite le pas en précisant qu'il "est vital que nos clients puissent bénéficier d’un service ininterrompu afin de contribuer aux économies non seulement du Kent et de la région Hauts-de-France mais également du Royaume-Uni et de la France".